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dimanche 13 novembre 2016

Bird Box - Josh Malerman


   Malorie élève ses enfants de la seule façon possible : barricadés chez eux. Dehors, il y a un danger terrible, sans nom. S'ils s'aventurent à l'extérieur, ce sera les yeux bandés pour rester en vie. Malorie a deux solutions : rester cachée avec ses enfants, isolée, ou entamer un terrifiant périple jusqu'au fleuve dans une tentative désespérée pour rejoindre une hypothétique colonie de survivants. La maison est calme. Les portes sont verrouillées, les rideaux sont tirés, les matelas cloués aux fenêtres. Les enfants dorment dans la chambre de l'autre côté du couloir. Mais bientôt, elle devra les réveiller et leur bander les yeux. Aujourd'hui, ils doivent quitter la maison et jouer le tout pour le tout.
372 pages - Horreur/Science-fiction - 2014


Les + :
-une ambiance prenante et effrayante
-une immersion très réussie


Ce que j'en ai pensé :
Une ambiance pesante, un monde devenu inquiétant et dangereux. Préparez-vous bien avant de rejoindre Malorie et ses enfants dans leur terrible quotidien...

Bird Box est un livre fort, angoissant, dans lequel l'auteur a su imprégner une ambiance, un sentiment immersif pour le lecteur.  On suit en effet l'héroïne, Malorie, de son point de vue. On est alors comme elle, plongé dans l'angoisse, dans l'ignorance de ce nouveau monde. Ses sentiments nous guident, nous font pénétrer dans son univers, nous font ressentir les frissons qui lui glacent le sang.

Bird Box est un roman d'horreur qui s'appuie beaucoup plus sur le ressentie que sur les actions ou les réponses. On est dans un huis clos oppressant, huis clos qui s'étend de l'intérieur de la maison au monde entier, car il ne semble y avoir nulle part un endroit serein, où l'on pourrait se sentir en sécurité de la folie ambiante. J'ai pensé aux œuvres de Lovecraft, où l'on ressent l'horreur et la folie, sans jamais pouvoir l'appréhender ou la comprendre.

Je m'attendais tout de même à quelque chose d'un peu différent au vu du résumé, qui nous fait miroiter une aventure. Certes, elle est présente, mais c'est surtout le passé que Malorie nous raconte, comment elle en est arrivé là où elle est aujourd'hui. Mais j'ai quand même été séduite par l'atmosphère qui se dégage de ce roman au final, et j'ai adoré ma lecture.

//Bird Box est un roman d'horreur dans lequel l'auteur a su faire entrer son lecteur et lui faire ressentir l'angoisse et la tension permanente de la situation. Ne vous attendez cependant pas à une grande aventure ou à des réponses, Bird Box est un livre qui se ressent.//

samedi 15 octobre 2016

L'appât - José Carlos Somoza


 Lever de rideau. Ici une bretelle noire qui glisse sur une peau diaphane, là des yeux mis-clos quémandent un improbable pardon : parure et posture. Elles charment et abusent les sens, elles disent qui est le maître. Si le grand ordonnateur de ce manichéisme visuel s'appelle Shakespeare, nous ne sommes pas sur les planches du théâtre du Globe mais dans le centre de formation ultramoderne de la police madrilène. Des instructeurs y décryptent les codes élisabéthains, qui placent la satisfaction du désir à l'épicentre de notre psyché. Les agents sont formés à la technique des "masques" : identifier en quelques secondes la nature du désir le plus profond du suspect pour provoquer en lui une overdose du seul plaisir auquel il ne peut résister.On les appelle les "appâts". Diana Blanco est le meilleur élément. Quand elle découvre que sa jeune sœur est aux prises avec l'insaisissable Spectateur qui terrifie la ville, elle mène une course contre la montre qui la conduit jusqu'à l'antre du monstre. C'est du moins ce qu'elle croit.
410 pages - Thriller/Fantastique - 2010


Ce que j'en ai pensé :
Intriguant, original et surprenant, entrez dans le théâtre de José Carlos Somoza !

L'appât est un roman très intéressant, de par sa construction, son intrigue, mais aussi et surtout la création surprenante de l'auteur de tout un mécanisme psychologique nouveau.
Les psychés, nombreuses, sont des types de désirs. Chaque être humain a son type de psyché, qui définit quels comportements/scènes vont aviver son désir, de manière irrésistible, voir le soumettre. L'auteur s’appuie sur les pièces de Shakespeare, et chacune d'elles et de leurs personnages sert d'images, de mise en scène à une psyché.  Le tout est si bien et largement expliqué qu'on se laisse prendre à croire en la psychologie des psychés, que le lecteur va peut-être même essayer de se reconnaître dans une de celles-ci.

L'intrigue semble plutôt classique, un thriller où l'héroïne est à la poursuite d'un tueur en série et va découvrir de plus en plus de mystères. De plus, j'ai trouvé que l'intrigue met un peu trop de temps à se mettre en place, et j'ai failli me lasser avant le début de l'action.
Pourtant, à la fin de ma lecture, coup de théâtre !  Effectivement, il y a comme une mise en scène théâtrale dans ce roman, je me suis faite agréablement avoir et j'ai été étonné par la véritable profondeur de l'histoire.

//Si le début du roman nous laisse imaginer un thriller plutôt classique, L'appât est en vérité un vrai théâtre pleins de rebondissements, couplé à une création originale et épatante. En bref, un roman très intéressant, original, surprenant et définitivement séduisant.// 

dimanche 2 octobre 2016

Enola Game - Christel Diehl


  Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. À l'origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ? Au fil des semaines, malgré sa peur et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Cependant, tandis que la mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.
118 pages - Contemporain/Drame - 2012


Ce que j'en ai pensé :
Court roman en huit clos, Enola Game est un concentré de sentiments qui marquera les quelques heures que vous lui aurez consacrées et toutes celles qui suivront.

Un grand flash, un bruit de détonation, c'est le début de longues semaines d'angoisses, de doute et de méditation pour une mère de famille qui se retrouve seule avec sa petite fille de 3 ans. Cette mère qui doit survivre sans savoir comment son monde en est arrivé là, dont les préoccupations changent et deviennent le rationnement et comment se réchauffer, qui doit assumer seule son angoisse et rassurer son enfant, tout en ne sachant pas ce qui se passe en dehors de son monde réduit que constitue sa maison.

Ce roman est vraiment poignant. Découpé en court paragraphe, le narrateur, qui est cette femme, nous livre ses sentiments et ses réflexions à travers ses souvenirs, son passé révolu, ses suppositions et doute sur ce qu'il se passe à l'extérieur, ses lectures, et ses moments présents dans la maison avec sa petite fille, qui demande de la douceur et de l'espoir à sa maman, qui doit se montrer forte pour elle. Les personnages dégagent beaucoup de tendresse et d'espoir, ce qui rend le contraste avec les événements encore plus saisissant pour le lecteur.

//Enola Game, c'est le récit d'une vie banale et agréable qui s'arrêtent soudain, une introspection sur ce que l'on a perdu quand on ne sait pas si on n'a plus rien, et l'espoir qu'on garde au fond de soi et qu'il ne faut pas perdre. Court, mais intense.//

jeudi 18 août 2016

Unspeakable - Abbie Rushton


 Megan doesn't speak. She hasn't spoken in months. Pushing away the people she cares about is just a small price to pay. Because there are things locked inside Megan's head - things that are screaming to be heard - that she cannot, must not, let out. Then Jasmine starts at school: bubbly, beautiful, talkative Jasmine. And for reasons Megan can't quite understand, life starts to look a bit brighter. Megan would love to speak again, and it seems like Jasmine might be the answer. But if she finds her voice, will she lose everything else?
288 pages - Contemporain / drame / young adult - 2015



Version française : Non annoncée pour le moment.
Niveau d'anglais : facile - vocabulaire de mouvement et d'émotion variés, globalement accessible si vous avez fait de l'anglais à l'école et avec un dictionnaire pour certains mots un peu plus compliqués.



Ce que j'en ai pensé :
Amour, décès, culpabilité, harcèlement, Abbie Rushton traite des sujets durs dans un roman touchant et attrayant.
Je me suis laissée emporté par l'histoire de Megan, qui a vécu des événements qui l'ont touché bien plus qu'on ne semble le croire, et sa rencontre avec Jasmine, la nouvelle de l'école qui arrive juste avant les examens. J'ai beaucoup aimé ces deux personnages, qui ont leur caractère et font des erreurs tout en restant touchantes et attachantes. On a vite envie d'en savoir plus sur ce qui a conduit l’héroïne à ne plus parler, à se sentir coupable, sur cette mystérieuse Jasmine qui arrive dans l'école à la fin de l'année, et sur cette amitié naissante entre elles.
Certains personnages m'ont semblé avoir une utilité moindre, mais les autres protagonistes sont tout de même présents et intéressants.
L'auteur a su, d'après moi, bien traiter les différents sujets qui sont abordés, et l'histoire sonne juste. Les sentiments de personnages et leurs réactions m'ont semblé plausibles, ce qui rend l'histoire encore plus attractive.
//Unspeakable est un roman qui parle de sujets difficiles et qui en parle bien. Les personnages attachants et l'histoire intrigante me laissent un bon souvenir de ce roman et un certain sentiment de tendresse.//

lundi 15 août 2016

Les derniers jours de Rabbit Hayes - Anna McPartlin


  Quand Mia, que l’on surnomme affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre, même si elle refuse de l’accepter, tout comme ses proches qui assistent, impuissants, au déclin de leur fille, sœur, mère ou amie. Tous sont présents à ses côtés pour la soutenir [...] À mesure que les jours passent et que l’espoir de sauver Rabbit s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont se construire sans cette femme qui leur a tant apporté. Rabbit est au cœur de ce petit groupe et des préoccupations de chacun de ses membres. Si elle a perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.
454 pages - Contemporain - 2016

Ce que j'en ai pensé :
"À travers une galerie de personnages touchants, ce récit sur le deuil déborde d'un optimisme rare et nous rappelle que, quelles que soient les circonstances, il y a toujours la lumière au bout du tunnel."
Voici le commentaire qui se trouve au dos de l'édition cherche midi. Je l'ai relu après l'avoir terminé et je me suis dit "C'est exactement ce que j'en ai pensé !".
Les derniers jours de Rabbit Hayes a vraiment été un très bon moment de lecture. Si le thème abordé peut paraître lourd et larmoyant, c'est tout le bonheur qui rayonne de ce livre qui m'a marqué. Loin de d'apitoyer sur son sort, Rabbit et sa famille vont lutter afin que, si la fin est inévitable pour l'une d'entre eux, la vie continue pour ceux qui restent. On suit les proches de Rabbit dans les moments d'espoirs, ceux de désillusions et de désespoirs, mais aussi les souvenirs et le bonheur d'être une famille. Car ce roman est surtout une histoire sur l'amour et le soutient d'une famille, et comment elle permet à chacun de se retrouver et de continuer à avancer.

 //Cette histoire est pour moi une lecture pleine d'amour et d'espoir, sans pour autant être trop niais ou trop larmoyant. Le développement de chaque personnage et les souvenirs d'une vie rock & roll, ainsi que les petites touches d'humour font de Les derniers jours de Rabbit Hayes un roman qu'on n'arrive pas à lâcher avant la fin.//

dimanche 17 juillet 2016

Quand les atomes racontent l'histoire du monde - Sam Kean


.Aussi parut sous le titre Guerres et paix chez les atomes.
  L'histoire du monde et de ses passions à travers la table périodique des éléments. Pourquoi Gandhi détestait-il l'iode ? Comment le radium a-t-il failli ruiner la réputation de Marie Curie ? Pourquoi le tellure a-t-il provoqué la ruée vers l'or la plus bizarre de toute l'histoire ? Comment l'antimoine a-t-il rendu fou le roi Nabuchodonosor ? Véritable prouesse scientifique, la table périodique a déchaîné bien des passions. 
D'étonnantes fables accompagnent les éléments qui ont marqué l'histoire mondiale et la vie des scientifiques - souvent fous - qui les ont découverts. Du Big Bang à aujourd'hui, La Cuillère soluble nous dévoile tous les secrets du carbone, du néon, du zinc, de l'or, etc, et l'impact qu'ils ont eu non seulement dans le milieu scientifique mais dans des domaines aussi variés que la politique, les guerres, la mythologie et les arts.
442 pages - Sciences/vulgarisation - 2010

Ce que j'en ai pensé :
Quand les atomes racontent l'histoire du monde est un livre de vulgarisation scientifique agréable, accessible et instructif.
L'auteur s'appuie sur la table périodique des éléments pour nous parler à la fois des propriétés des éléments, mais aussi pour nous raconter des faits ou des personnages historiques qui ont marqué le domaine. Le début du livre nous explique le fonctionnement de la table périodique ainsi que sa création. On aura ensuite des chapitres sur des thématiques, comme par exemple les poisons, le nucléaire ou la politique, avec des explications sur des phénomènes chimiques, comment ils ont été découverts et des anecdotes sur leur utilisation au cours de l’histoire. Tout cela avec une pointe d'humour ou de réflexion, qui apporte de la légèreté à l'ouvrage.
Le roman est accessible à tous. La difficulté de lecture est croissante et, s'il y a certains passages un peu complexes, il n'est pas nécessaire de s'y connaître pour comprendre ce que l'auteur partage avec nous. Je pense que son intention est de s'adresser justement à ceux qui n'y connaissent pas grand chose dans le domaine. Je le conseille donc à tous curieux des sciences ou de l'histoire.
//Instructif, parfois drôle et parfois amer, Quand les atomes racontent l'histoire du monde est un livre qui accompagne les lecteurs à la découverte des éléments qui composent le monde, mais aussi de notre rapport aux sciences et de l'utilisation que nous en faisons.//

dimanche 19 juin 2016

L'étrangleur de Cater Street - Anne Perry

  Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les codes et manières victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock. Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. 
382 pages - Policier - 1979
Ce que j'en ai pensé :
Je n'ai pas mis l'affreuse couverture de l'édition que je possède, histoire d’appâter un peu le chaland.
Roman policier classique, L'étrangleur de Cater Street est un bon premier tome d'une série du l'époque victorienne, ses mœurs et la place de la femme.
On découvre notre héroïne Charlotte, jeune femme curieuse et intelligente, ainsi que sa famille, riche et de bonne réputation. Une enquête policière va alors venir fissurer peu à peu les apparences de chacun.
Les personnages se dévoilent et chacun se livre petit à petit au lecteur. Charlotte, elle, découvre que le monde est vaste et complexe, et on suit les débuts de son besoin d'émancipation dans cette société patriarcale.
//Plutôt dans la lignée d'un Jane Austen que d'un Hercule Poirot, L'étrangleur de Cater Street est un premier tome très plaisant et prometteur, qui se lit facilement et dont la fin un peu abrupte ne fait que donner envie de lire la suite.//


Merci à Ellya's book de m'avoir fait sortir ce roman de ma PAL ! :)

mercredi 15 juin 2016

107 ans - Diastème

  À seize ans, Simon a vécu sa première et sa plus belle histoire d'amour avec Lucie. Cet amour a viré au cauchemar. Il aura suffi d'une erreur, d'une relation extraconjugale pour que Lucie s'en aille. Parce qu'il l'aime trop, Simon se livre à des actes que la morale et le monde médical réprouvent. Car Simon, tel Peter Pan, ne veut pas grandir. Il ne veut que Lucie. Et depuis son départ, c'est le monde qui se trouve menacé de disparition. Avec ce récit déchirant, Simon nous ouvre les portes de son théâtre intérieur, de sa fantaisie et de sa souffrance. 
155 pages - Contemporain - 2004

Ce que j'en ai pensé :
Un roman fort sur un amour adolescent et ses ravages. Ce roman nous rappelle à quel point nos passions d'adolescent étaient fortes, et comme le monde peut sembler s'écrouler quand un être cher s'en va. Le narrateur, Simon, incarne cet adolescent meurtri au plus profond de son être, à travers les mots durs et les idées démentes qui expriment sa détresse.
//107 ans est violent et va dans l'extrême, mais c'est ce qui fait sa force. Il permet de se rappeler et de comprendre à nouveau que l'amour peut être destructeur, et que l'adolescence est un passage à la fois difficile et important pendant lequel les sentiments se déchaînent et construisent ce que nous devenons.//