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lundi 5 juin 2017

Un palais de papier - Françoise Hamel



  Lorsqu’Espérance de Kerzo quitte sa Bretagne natale pour la capitale, les caisses du Royaume de France sont désespérément vides et Louis XIV a accumulé une dette colossale. Déjà. Puis le Roi-Soleil s’éteint, mais l’ardoise reste.
Cependant tout Paris bruisse du nom d’un aventurier d’origine écossaise : John Law. Car cet homme a un plan, qui aura bientôt la faveur du Régent : remplacer la monnaie métallique par des billets de papier.
Fascinée, Espérance de Kerzo entre au service de celui dont on espère qu’il sauvera le pays de la faillite. Et c’est de l’intérieur, en observatrice privilégiée, qu’elle raconte les grandes innovations et les petites manigances de cette entreprise.
Pourtant, cette jeune fille fougueuse et libre, lectrice avide aussi bien de Montaigne que du Code paysan des premiers Bonnets rouges, a toujours rêvé de liberté – et jamais de finance. Les sentiments que lui inspire le troublant John Law seraient-ils à l’origine de cette contradiction ?
352 pages - Historique - 2017




Mes impressions :

Avec Un palais de papier, Françoise Hamel nous plonge dans la vie mondaine parisienne du Royaume de France du XVIIIème siècle, dans une période troublé et agité, qui sert de cadre à un événement historique : les débuts de la monnaie-papier en France.

On suit Espérance de Kerzo, issue d'une famille modeste de Bretagne, qui va peu à peu s'intégrer à la vie mondaine parisienne et devenir l'assistance de John Law, l'homme ambitieux qui réussira, pour un temps, à instaurer un nouveau système monétaire, celui du billet.
Espérance est une femme curieuse, cultivée, maligne et indépendante. C'est par ces qualités qu'elle va s'imposer petit à petit dans les classes les plus élevées socialement, et nous embarquer avec elle. Ses interrogations, ses pensées et ses remarques, qu'elle n'hésite parfois pas à formuler à haute voix, sont une manière très intéressante d’appréhender la société toute entière et de mettre en lumière des problématiques (lutte des classes, esclavage, féminisme) qui étrangement, sont toujours actuelle. L'héroïne est une vraie force dans ce roman, agréable à suivre et instructive.
Le sujet principal est, quant à lui, novateur. Françoise Hamel met la lumière sur un fait peu connu, ce qui est plaisant. De même, l'ambiance qui règne en arrière-plan (les nouvelles idéologies, les nouvelles découvertes...) nous plonge dans cette époque est nous en apprend un peu plus sur cette période de trouble, annonciatrice des événements importants  qui vont suivre.

Malgré tout, je n'ai pas réussi à entrer dans le récit totalement. Si l'héroïne est une force, son point de vue apporte une faiblesse au récit. Elle ne peut nous raconter que ce à quoi elle a directement assisté, et souvent en tant que spectatrice plutôt qu'actrice, ou ce qu'on lui a raconté. Il y a un effet de rumeurs rapportées, d'éloignement avec les faits, une impression de voir ce qui se passe "de loin". De même, beaucoup de choses évoquées restent des "choses évoquées", qui participent à l'ambiance générale mais sans être approfondi puisqu'elles ne sont pas le sujet de ce roman, ce qui pour ma part à renforcer l'effet de spectateur plutôt que d'acteur, et ainsi d'un éloignement.
Le système de Law est, quant à lui, complexe, et l'héroïne elle-même ne le comprend pas entièrement, ce qui nous éloigne encore d'une immersion totale.

Quelques soucis avec l'édition numérique que j'ai lue m'ont aussi un peu perdu dans ma lecture. Lors des dialogues, il y a parfois des tirets, pour annoncer qu'un personnage parle, et parfois non, et cela dans un même dialogue, à tel point que je ne savais plus si un personnage parlait ou l'héroïne se faisait une réflexion à elle-même.

Au final, Un palais de papier est un roman intéressant, qui met en avant un événement peu connu, mais qui malheureusement ne m'a pas passionné.





Merci aux éditions Fayard et à Netgalley pour m'avoir permis de découvrir Un palais de papier !

vendredi 7 octobre 2016

Les Borgia - Alexandre Dumas


 Modèle du Prince de Machiavel, César Borgia, fils du pape Alexandre VI, étend sa puissance sur Rome. Tous les moyens sont bons pour écarter ennemis et rivaux. Ses crimes n'auront aucune limite, puisqu'il va jusqu'à éliminer, par le poison ou les armes, les membres de sa propre famille. Le poison qu'il verse finira cependant par se retourner contre lui...
Ce roman est issu des Crimes célèbres d'Alexandre Dumas, l'un des premiers recueils de l'auteur.
288 pages - Classique/Historique - 1840


Ce que j'en ai pensé :
Entre roman et traité d'histoire, Dumas nous livre un roman complexe, mais passionnant.

Les Borgia d'Alexandre Dumas nous raconte l'arrivée au pouvoir et les intrigues politiques qui ont eu lieu autour de la famille Borgia, famille italienne du XVe siècle. On peut y suivre le pape Alexandre VI, François et Lucrèce Borgia, mais surtout César Borgia, le frère qui se sent exclu et veut se venger. Entre complots, trahisons et rebondissements, l'histoire de cette famille est très intéressante.

Ici, Alexandre Dumas nous livre un roman historique intéressant, mais à l'aspect très documentaire. Le narrateur, omniscient, rapporte la plupart du temps de nombreux faits et personnages, avec un recul et une précision qui ne laisse pas beaucoup de place aux sentiments, à une histoire, un fil conducteur ou aux personnages. L'auteur s'implique cependant quelque peu dans le récit, en qualifiant des actes ou des personnages, rendant ainsi son récit moins strict. Le tout donne au roman l'aspect d'un livre d'histoire subjectif plutôt que d'une histoire romancée.
De plus, le roman n'est certes pas très long, mais ce sont 288 pages avec pour seules coupures des retours à la ligne. Aucune coupure ou mise en page, l'auteur, là encore, se contente d'exprimer des faits sans se soucier de bâtir une histoire, des moments, du suspense ou l'envie pour le lecteur. J'ai cependant trouvé une construction dans le récit qui permet de faire des pauses, avec de courts paragraphes conclusifs.

Si cet aspect strict et lourd peu rebuter, pour ma part, je n'ai pas pu lâcher ce roman, que j'ai lu d'une traite. Les événements s’enchaînent, se lient, et nous sommes intrigués par l'avenir des personnages, leurs ruses et leurs ambitions. Si j'aurais aimé en savoir plus, et surtout connaître les membres de cette famille plus en profondeur, le récit à tout de même le mérite de nous intriguer sur cette famille, ses membres, et cette époque.

//Malgré une approche plus strict que romancée de l'histoire, Alexandre Dumas nous livre avec Les Borgia un roman pas si difficile à appréhender, sur une famille passionnante, et qui vous donnera envie d'en savoir plus sur ces fameux Borgia et l'Italie du XVe siècle.//

mercredi 13 juillet 2016

♡ La maîtresse de Rome - Kate Quinn


  Thea, jeune esclave juive de 15 ans, vie sous les ordres de sa maîtresse la terrible Lepida Pollia et de son père, un des organisateur des jeux impériaux.
Jeux du cirque, complots, banquets, orgies... Dans cette formidable saga antique, Kate Quinn fait revivre avec panache l'univers dépravé et sanglant de la Rome du Ier siècle.
Résumé succin, le résumé officiel en révèle bien trop à mon goût. 
724 pages (édition France Loisirs) - Historique, romance - 2010

Ce que j'en ai pensé :
Fresque historique s'étalant sur 14 ans, La maîtresse de Rome est un roman à plusieurs voix dans lequel on suit l'évolution des personnages dans la Rome antique.
J'ai été happé par l'histoire, qui est riche. Il se passe beaucoup de choses en 14 ans, et la diversité des voix du roman apporte une profondeur à l'histoire.
Je ne me suis pas lassée, l'auteur sait en dire assez sans trop s'étaler, et bien que l'histoire reste plutôt prévisible sur certains points, l'envie de tourner les pages est forte. L'immersion dans la Rome antique est réussie.
Les personnages sont intéressants, on ressent quelque chose pour chacun que ce soit de la sympathie ou de l'antipathie. Si Thea peut sembler être l'héroïne, on suit l'histoire de Lepida Pollia en miroir, et la rivalité entre les deux femmes n'en est que plus exacerbée.
//La maîtresse de Rome est un roman prenant, un vrai page-turner dans la Rome antique.//