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mercredi 12 avril 2017

La quatrième fée - Brigitte Guilbau


  Une légende vietnamienne raconte l’histoire de trois fées. La première veille sur l’embryon, le fœtus et la mère pour leur donner force et vigueur pendant la grossesse. La deuxième fée s’occupe de la naissance pour que la mère soit libérée rapidement et que l’enfant vienne au monde en bonne santé. La troisième apparaît quand vient l’heure de mourir : elle nous aide à passer la porte vers ce monde que l’on dit meilleur, à nous donner le courage et à nous apaiser. Qu’arriverait-il si, par un rendez-vous insoupçonné, une quatrième fée venait faire trébucher cette dernière?
198 pages - Drame - 2016



Ce que j'en ai pensé :
 Partout où ce roman passe, il est clairement mentionné "ATTENTION CECI N'EST PAS DU FANTASTIQUE!!!" (oui, l'éditeur l'a écrit en majuscules comme ça). Bon, pas de surprise pour moi donc.

En vérité, La quatrième fée c'est l'histoire d'une jeune femme qui tombe dans le coma suite à un accident. Un coma dont les médecins annoncent qu'elle ne reviendra pas. On découvre alors sa mère, Natacha, à travers cette épreuve, la douleur qu'elle subit, mais aussi les choix qu'elle doit faire. Car très vite, se pose la question de savoir si Natacha accepte qu'on débranche sa fille ou non. L'auteur s'attaque à des thèmes forts, la perte d'un enfant, qu'elle décision prendre lorsqu'un proche est dans un coma irréversible, ou le don d'organe. Le tout donne une histoire dure, touchante, qui fait se demander au lecteur "Et moi, qu'est-ce que je ferais à sa place ?".

Mais voilà. La quatrième fée aurait mérité, selon moi, beaucoup plus de temps. D'une part, le scénario reste très prévisible. Les ficelles sont grosses, il y a peu de surprises, même si le thème ne s'y prête pas vraiment, il est vrai. Les ressorts scénaristiques, quant à eux, sont très clichés, voir peu crédibles. J'ai eu l'impression que l'auteur a forcé les éléments pour que tout soit beau et bien. Le père de la jeune femme dans le coma, qu'elle ne connaissait pas, qui est comme par hasard dans le même hôpital, au même moment, pour son fils qui a besoin d'organe. Ça tombe bien !
Et justement, j'ai eu l'impression que l'histoire n'était qu'un prétexte à l'auteur pour aborder ces sujets et partager ses réflexions. On dirait que ces dernières, elles aussi, sont insérées de force dans l'histoire. Elles tombent un peu comme ça, au moment où le sujet est abordé, mais elles ne m'ont pas semblé être dans la continuité du récit. De plus, elles sont trop nombreuses, et du coup, j'ai eu l'impression d'avoir beaucoup d'ébauches de réflexions qui n'ont pas eu le temps d'être approfondies. Le don d'organe par exemple, est un thème qui arrive vraiment au dernier moment et qui m'a semblé à peine effleuré tant la réflexion autour est précipité.
L'écriture, en général, est maladroite. Elle manque de fluidité, on sent, comme pour les réflexions donc, des coupures, des choses que l'auteur a voulu dire mais n'a pas réussit à insérer totalement dans l'histoire. J'ai cru que La quatrième fée était premier roman, tant j'ai eu l'impression de lire une fanfiction. Cependant, l'histoire se lit très bien, et vite.


// La quatrième fée est un roman touchant, mais qui m'aurait mieux plus avec un approfondissement de l'histoire, plus de temps pour que les événements de l'histoire s’enchaînent de manière plus fluide et naturel, et plus de temps de réflexion aux personnages.
Malgré tout, j'ai vu beaucoup d'avis très positifs. Si personnellement, l'écriture m'a bloqué, je pense que beaucoup de personnes sauront l'apprécier pour tous ses bons côtés ! //



Merci aux éditions Lilys et à Netgalley pour m'avoir permis de découvrir La quatrième fée !

samedi 18 février 2017

La tombe des lucioles - Akiyuki Nosaka

La tombe des lucioles
  L'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des bombes et de la famine tandis que la guerre fait rage.
Les Algues d'Amérique
  Toshio se remémore ses souvenirs de la guerre, pendant laquelle il était enfant, alors que sa femme invite un couple d'amis américains à séjourner chez eux.
139 pages - Contemporain - 1967 & 1968

Ce que j'en ai pensé :
J'ai beaucoup aimé La tombe des lucioles. Court et percutant, le récit est très descriptif. On s’appuie sur les fait, plus que les sentiments, on est loin du pathos qui s'étale (ce qui m'avait déplu dans le film en passant...). On nous décrit les horreurs, et parfois un peu d'espoir, sans jugement, sans sentimentalisme exacerbé.  On sent la désillusion et l'ironie de l'auteur face à cette catastrophe et à la société japonaise, qui a fait de sa malheureuse expérience un récit touchant et percutant, qui nous fait comprendre un peu plus l'étendue de l'horreur des bombes et de la guerre.

Dans la seconde nouvelle, l'auteur s'attarde sur le sentiment des Japonais face aux Etats-Unis, sentiment du vaincu face au vainqueur. On nous décrit ce sentiment ambivalent à la fois de rejet et d'admiration pour les Etats-Unis, la servitude japonaise d'un côté et l'envie de montrer la grandeur japonaise de l'autre. Les complexes sont nombreux, la défaite, la perte de son armée, la physionomie même, et la grande modernité qu'affiche les Etats-Unis, qui attire. Mais la fierté japonaise est toujours présente, et le narrateur tente de ne pas se laisser subjuguer, de retrouver une grandeur à son pays, mais aussi pour lui-même.

// Deux nouvelles percutantes et très intéressantes pour comprendre un peu mieux le sentiment japonais pendant la guerre et d'après-guerre. //

lundi 30 janvier 2017

Undone - Cat Clarke

  Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l'homme idéal s'il ne préférait les garçons... À la fin d'une soirée d'ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C'est le lendemain que tout bascule : la jeune fille reçoit un email de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d'un garçon qu'il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d'e-mails agressifs qu'il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n'avait pas encore fait son coming out finit par craquer et se suicide... À la suite de ce drame, Jem prend trois résolutions : découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi.
502 pages - Drame / Young adult - 2013


Version française : Revanche  aux éditions Robert Laffont
Niveau d'anglais : facile - vocabulaire d'émotion variés, globalement accessible si vous avez fait de l'anglais à l'école et avec un dictionnaire pour certains mots un peu plus compliqués.

Les + :
des thèmes importants
la fin, cohérente et marquante


Ce que j'en ai pensé :
J'ai beaucoup aimé Undone. Au début, on pense à une banale histoire d'ado, certes avec un événement grave en son centre, mais un roman d'adolescent, cliché même, comme on en voit beaucoup. Mais non. Ici, l'auteur n’essaie pas de nous chouchouter, ni de nous faire aimer Jemima, ni de nous faire aimer la tournure des événements.

dimanche 2 octobre 2016

Enola Game - Christel Diehl


  Une jeune femme et sa petite fille vivent enfermées dans leur maison. À l'origine de cette claustration, il y a Enola Game, une catastrophe dont on ne connaît pas la nature exacte : accident nucléaire ? Conflit mondial ? Guerre civile ? Au fil des semaines, malgré sa peur et son chagrin, la mère puise dans sa mémoire et ses lectures mille raisons de célébrer la vie. Cependant, tandis que la mère louvoie entre sa douleur, ses souvenirs magnifiés et sa volonté farouche de donner un sens à la vie de son enfant, les quelques nouvelles du monde qui lui parviennent encore sont chaque jour un peu plus alarmantes.
118 pages - Contemporain/Drame - 2012


Ce que j'en ai pensé :
Court roman en huit clos, Enola Game est un concentré de sentiments qui marquera les quelques heures que vous lui aurez consacrées et toutes celles qui suivront.

Un grand flash, un bruit de détonation, c'est le début de longues semaines d'angoisses, de doute et de méditation pour une mère de famille qui se retrouve seule avec sa petite fille de 3 ans. Cette mère qui doit survivre sans savoir comment son monde en est arrivé là, dont les préoccupations changent et deviennent le rationnement et comment se réchauffer, qui doit assumer seule son angoisse et rassurer son enfant, tout en ne sachant pas ce qui se passe en dehors de son monde réduit que constitue sa maison.

Ce roman est vraiment poignant. Découpé en court paragraphe, le narrateur, qui est cette femme, nous livre ses sentiments et ses réflexions à travers ses souvenirs, son passé révolu, ses suppositions et doute sur ce qu'il se passe à l'extérieur, ses lectures, et ses moments présents dans la maison avec sa petite fille, qui demande de la douceur et de l'espoir à sa maman, qui doit se montrer forte pour elle. Les personnages dégagent beaucoup de tendresse et d'espoir, ce qui rend le contraste avec les événements encore plus saisissant pour le lecteur.

//Enola Game, c'est le récit d'une vie banale et agréable qui s'arrêtent soudain, une introspection sur ce que l'on a perdu quand on ne sait pas si on n'a plus rien, et l'espoir qu'on garde au fond de soi et qu'il ne faut pas perdre. Court, mais intense.//

jeudi 18 août 2016

Unspeakable - Abbie Rushton


 Megan doesn't speak. She hasn't spoken in months. Pushing away the people she cares about is just a small price to pay. Because there are things locked inside Megan's head - things that are screaming to be heard - that she cannot, must not, let out. Then Jasmine starts at school: bubbly, beautiful, talkative Jasmine. And for reasons Megan can't quite understand, life starts to look a bit brighter. Megan would love to speak again, and it seems like Jasmine might be the answer. But if she finds her voice, will she lose everything else?
288 pages - Contemporain / drame / young adult - 2015



Version française : Non annoncée pour le moment.
Niveau d'anglais : facile - vocabulaire de mouvement et d'émotion variés, globalement accessible si vous avez fait de l'anglais à l'école et avec un dictionnaire pour certains mots un peu plus compliqués.



Ce que j'en ai pensé :
Amour, décès, culpabilité, harcèlement, Abbie Rushton traite des sujets durs dans un roman touchant et attrayant.
Je me suis laissée emporté par l'histoire de Megan, qui a vécu des événements qui l'ont touché bien plus qu'on ne semble le croire, et sa rencontre avec Jasmine, la nouvelle de l'école qui arrive juste avant les examens. J'ai beaucoup aimé ces deux personnages, qui ont leur caractère et font des erreurs tout en restant touchantes et attachantes. On a vite envie d'en savoir plus sur ce qui a conduit l’héroïne à ne plus parler, à se sentir coupable, sur cette mystérieuse Jasmine qui arrive dans l'école à la fin de l'année, et sur cette amitié naissante entre elles.
Certains personnages m'ont semblé avoir une utilité moindre, mais les autres protagonistes sont tout de même présents et intéressants.
L'auteur a su, d'après moi, bien traiter les différents sujets qui sont abordés, et l'histoire sonne juste. Les sentiments de personnages et leurs réactions m'ont semblé plausibles, ce qui rend l'histoire encore plus attractive.
//Unspeakable est un roman qui parle de sujets difficiles et qui en parle bien. Les personnages attachants et l'histoire intrigante me laissent un bon souvenir de ce roman et un certain sentiment de tendresse.//

lundi 15 août 2016

Les derniers jours de Rabbit Hayes - Anna McPartlin


  Quand Mia, que l’on surnomme affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre, même si elle refuse de l’accepter, tout comme ses proches qui assistent, impuissants, au déclin de leur fille, sœur, mère ou amie. Tous sont présents à ses côtés pour la soutenir [...] À mesure que les jours passent et que l’espoir de sauver Rabbit s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont se construire sans cette femme qui leur a tant apporté. Rabbit est au cœur de ce petit groupe et des préoccupations de chacun de ses membres. Si elle a perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.
454 pages - Contemporain - 2016

Ce que j'en ai pensé :
"À travers une galerie de personnages touchants, ce récit sur le deuil déborde d'un optimisme rare et nous rappelle que, quelles que soient les circonstances, il y a toujours la lumière au bout du tunnel."
Voici le commentaire qui se trouve au dos de l'édition cherche midi. Je l'ai relu après l'avoir terminé et je me suis dit "C'est exactement ce que j'en ai pensé !".
Les derniers jours de Rabbit Hayes a vraiment été un très bon moment de lecture. Si le thème abordé peut paraître lourd et larmoyant, c'est tout le bonheur qui rayonne de ce livre qui m'a marqué. Loin de d'apitoyer sur son sort, Rabbit et sa famille vont lutter afin que, si la fin est inévitable pour l'une d'entre eux, la vie continue pour ceux qui restent. On suit les proches de Rabbit dans les moments d'espoirs, ceux de désillusions et de désespoirs, mais aussi les souvenirs et le bonheur d'être une famille. Car ce roman est surtout une histoire sur l'amour et le soutient d'une famille, et comment elle permet à chacun de se retrouver et de continuer à avancer.

 //Cette histoire est pour moi une lecture pleine d'amour et d'espoir, sans pour autant être trop niais ou trop larmoyant. Le développement de chaque personnage et les souvenirs d'une vie rock & roll, ainsi que les petites touches d'humour font de Les derniers jours de Rabbit Hayes un roman qu'on n'arrive pas à lâcher avant la fin.//

mercredi 7 août 2013

Amok suivi de Lettre d'une inconnue - Stefan Sweig


223 pages

Résumé :
La passion en ce qu'elle a d'irrésistible et de semblable à la folie : c'est le thème central de ces trois récits publiés en 1922 par le grand écrivain autrichien, auteur du Joueur d'échecs et de La Confusion des sentiments. L'amok, en Malaisie, est celui qui, pris de frénésie sanguinaire, court devant lui, détruisant hommes et choses, sans qu'on puisse rien faire pour le sauver. Le narrateur rencontre sur un paquebot un malheureux en proie à cette forme mystérieuse de démence. Histoire encore d'une folie, d'une passion - d'un amour fou, cette fois - que la Lettre d'une inconnue reçue par un romancier à succès. Mais la passion peut faire de l'homme dominateur et méprisant un être humilié et ridiculisé : c'est le thème du troisième de ces récits, La Ruelle au clair de lune.









Mon avis :
Ce livre est un recueil de trois nouvelles : Amok, Lettre d'une inconnue et La ruelle au clair de lune. J'avais très envie de livre Lettre d'une inconnue et j'avais lu des avis positifs sur Amok, je me suis donc lancée dans cette courte lecture. Et si la nouvelle que je voulais lire m'a plu, les deux autres en revanche ne m'ont pas vraiment séduite.


Ce qui caractérise les nouvelles de Zweig, du moins pour les 4 que j'ai lu, c'est cette façon d'implanter un vague décor dans lequel le narrateur, dont on ne sait rien ou presque, va se retrouver seul face à la confession d'un inconnu. Cette façon d'amener l'histoire ne me plaisait déjà pas vraiment dans Vingt-quatre heure de la vie d'une femme, et ici elle ne me plait pas d'avantage. Et malheureusement, cette façon d'amener l'histoire toujours de la même façon dans chacune de ses nouvelles renforce le sentiment de similitude que j'ai ressentis entre les trois histoires de ce recueil, et plus particulièrement entre Amok et La ruelle au clair de lune.

En effet, si la forme diffère un peu, le fond de l'histoire est le même : le narrateur se retrouve confronté à la confession d'un homme, qui a connu la passion amoureuse. Il est d'abord arrogant, puis perd la femme qu'il aime et la poursuit, tel un fou, jusqu'à sa rencontre avec le narrateur, et sa disparition. Ayant lu les deux histoires l'une après l'autre, je n'ai pas vraiment apprécié la seconde.
La ruelle au clair de lune
, en plus d'être une copie d'Amok, ne m'a pas intéressée. En effet, elle ne s'étend que sur 25 pages, et la moitié ne raconte que comment le narrateur va rencontrer celui qui lui racontera son histoire. Un déambulement dans les ruelles sombres un soir de fatigue et d'ivresse, rien d'intéressant. On ne connait pas mieux le narrateur. Et si cela nous en apprend plus sur celui qu'il rencontrera, une telle longueur n'était pas nécessaire. Ensuite, j'ai trouvé la seconde partie assez plate. Je n'ai pas vraiment ressentie d'émotion dans le récit, contrairement aux autres nouvelles.

Amok, quant à elle, m'a un peu plus intéressé, mais malheureusement, l'homme qui raconte son histoire ne m'a pas vraiment touché. Surement car je n'ai ressenti que son arrogance et son envie de possession jusqu'à la fin. Néanmoins, la place qu'il occupe par rapport à la femme qui lui fera connaître la passion est intéressante. J'ai quand même aimé ressentir ces émotions, même si je les ai beaucoup moins ressentis que dans Vingt-quatre heure de la vie d'une femme ou Lettre d'une inconnue.

La nouvelle que j'avais le plus envie de lire, et que j'ai la plus apprécié est Lettre d'une inconnue.
Si elle m'a plus plu, c'est déjà par la différence entre cette histoire et les deux autres. Alors certes, ça parle aussi de passion, une passion qui rend fou. Mais ici, c'est la passion d'une femme qui a gardé pour elle ses sentiments et qui se dévoile à l'homme qu'elle a tant aimé en dernière confession avant de partir. J'ai trouvé le principe de la lettre d'une inconnue qui nous a tant aimé touchant, et la lettre en elle-même l'est tout autant. On ressent ce que cette enfant, puis femme a vécu. J'ai été à la fois effrayé et impressionné par une passion si forte que cette femme a gardé aussi forte toute sa vie, sans retour, sans tomber dans la haine ou la folie pure. C'est vraiment une belle histoire, même si elle est triste. Si j'avais un reproche à faire, se serait sans doute le fait que parfois, c'est un peu redondant. Mais c'est l'histoire d'une femme sans prétention, sans grande aventure, une vie presque normale, donc ceci est normal et n'enlève rien au charme de la nouvelle.


Après la jolie découverte de Vingt-quatre heure de la vie d'une femme, puis le plaisir de Lettre d'une inconnue, suivit de moins d'enthousiasme pour Amok et enfin de la déception pour La ruelle au clair de lune, je ne suis pas prête à me lancer dans une autre histoire de Zweig pour l'instant. En effet, une fois l'euphorie du premier récit passé, la forme identique des récits me lasse. Et même si les confessions racontent des histoires différentes, le thème de la passion très marqué rend les nouvelles au final assez semblable, et l'intérêt de la première s'estompe au fil des lectures. Peut-être ai-je tout simplement commencé par celle qui devait me plaire le plus et terminée par celle qui devait le moins me plaire par hasard, mais pour l'instant, je n'ai pas l'envie de lire plus de Zweig, à moins que la forme et le thème mis en avant change.

En bref :
+ Lettre d'une inconnue est touchante, on ressent bien les sentiments. Amok est intéressante, écriture fluide, histoires qui se lisent vite.
- La ruelle au clair de lune ressemble très fortement à Amok, le thème et la forme des nouvelles sont identiques, sentiments de redondance entre les différents récits.


Citations :
"Le lendemain soir, j'étais déjà revenue humblement à mon poste; je t'attendais, je t'attendais toujours, comme pendant toute ma destinée j'ai attendu devant ta vie qui m'était fermée." p.130 Lettre d'une inconnue
"C'est ainsi que je t'ai aimé; je peux le dire, à présent que tout est passé, que tout est fini. Et je crois que si tu m'appelais sur mon lit de mort, je trouverais encore la force de me lever et d'aller te rejoindre." p.152 Lettre d'une inconnue
6/10

vendredi 26 avril 2013

Comte Cain - Kaori Yuki

5 tomes

Résumé :
 Héritier de la famille Hargreaves, né de l’union contre-nature entre Alexis Hargreaves et sa sœur, Cain est un enfant maudit, rejeté par sa famille depuis toujours. Il ne trouve le réconfort qu’auprès de Riff, son fidèle majordome et de sa passion : collectionner les poisons.  Le comte Cain Hargreaves mène l'enquête sur diverses affaires sombres dans l'Angleterre victorienne du XIXe siècle, qui semblent toujours plus ou moins liées à son entourage.


Mon avis :
Comte Cain est une série que j'avais envie de lire depuis longtemps, tant par sa réputation que par l'attrait de ses couvertures. Je me suis procurée la série complète ainsi que les 5 premiers tomes de sa suite, God Child, il y a déjà plusieurs mois. J'ai lu le tome 1, puis le 2, et dans mon engouement, j'ai repris avec le tome 3, 4 et 5.

Dans cette série, on suit d'une part les enquêtes de Cain avec en arrière-plan ces ennemies récurrents et des révélations sur son passés. Plus on avance dans les tomes et plus les enquêtes durent longtemps, variant de quelques chapitres à deux tomes pour la dernière histoire. D'autre part, on suit des histoires tragiques sans lien avec Cain. Ces courtes histoires sont peu nombreuses et on les trouvent surtout au début, puisque les enquêtes de Cain sont courtes et leur laisse de la place.
Les histoires où l'on voit Cain sont les plus intéressantes et les plus longues, mais celle sans liens avec lui sont tout de même plaisante, leur niveau n'est pas en dessous de celui de l'histoire principale. Je n'ai pas le souvenir d'avoir trouvé une enquête meilleure qu'une autre. La dernière est très longue par rapport aux autres donc plus développée, mais les autres enquêtes plus courtes nous en apprennent tout autant sur Cain et sont très plaisante, ainsi malgré leur plus maigre développement, elles sont aussi tout aussi intéressante à lire les unes que les autres. Les différences de longueur entre les histoires ne changent donc rien au plaisir entre les tomes.
J'ai beaucoup aimé les enquêtes. Au début, on nous présente une situation comme magique, des morts qui reviendrait à la vie, des ensorceleurs, des fantômes, des malédictions... on se laisse prendre au jeu, trouvant rarement une explication. Et au fil de l'enquête, le comte Cain comprend les stratagèmes utilisés, nous les dévoile peu à peu, et nous bluff. Je n'aurais jamais trouvé, ou alors ma piste était fausse. Pa contre, j'ai eu un peu de mal avec certaines histoires à m'y retrouver, beaucoup de personnages sont présent pour un court laps de temps, et parfois on ne sait plus qui est qui.
L'ambiance qui se dégage, fantastique, gothique, sombre, est vraiment bien ressentie. J'ai beaucoup aimé me plonger dans cet univers. Une touche d'humour est présente, dans les réactions de certains protagonistes, ce qui, je trouve, permet de ne pas trop plomber l'ambiance en en faisant trop.

Les personnages sont agréables à suivre. J'aime beaucoup Cain, sont côté décalé par rapport aux normes et sournois. Son histoire est très touchante et fait que l'on s'attache à lui. De même pour Riff ou Maryweather, et même presque tous les personnages. Les ennemies de Cain ne sont pas justes "méchants", on découvre aussi leur histoire et on se prend à les plaindre aussi. Cain est également bluffant par son intelligence est sa grande connaissance des poisons.

Les dessins quant à eux, je les trouve vraiment très beaux. Ils sont fins, détaillés, dans un style plutôt ancien. L'époque choisit ne fait que rendre le tout plus beau, avec les vêtements et les lieux de l'époque.

Dernier détail, Comte Cain est suivit de God Child, dans lequel l'auteur poursuit son histoire en mettant beaucoup plus en avant la relation entre les personnages et l'organisation Delilah . Compte Cain peut être considéré comme une introduction à God Child.

En bref :
+ Un univers envoutant, une histoire intéressante, des enquêtes mystérieuses, une ambiance fantastique et gothique très réussit, de très beaux dessins, des personnages touchants, plaisants à suivre et découvrir.
- Parfois difficiles de s'y retrouver entre les personnages dans une courte histoire, l'histoire de Cain et de l'organisation Delilah n'est encore qu'une trame de fond.

9/10

vendredi 18 janvier 2013

PS : I love you - Cecelia Ahern


415 pages

Résumé :
Quand on trouve l'âme sœur, on croit que le bonheur durera toujours. C'est ce que pensait Holly jusqu'à ce que son Gerry ne meure d'une terrible maladie. A trente ans, Holly se retrouve seule, démunie, sans espoir. Mais Gerry lui réserve une ultime surprise. Il lui a laissé dix lettres qui forment une " liste " de choses à accomplir pour réapprendre à vivre. Par-delà la mort, Gerry lui adresse un message d'amour et de courage : elle doit apprendre à être heureuse sans lui, malgré le lien fort qui les unissait. Holly va affronter sa douleur pour réaliser, entre rires et larmes, que la vie vaut malgré tout la peine d'être vécue. Une comédie romantique, drôle et poignante, qui dépeint la vie telle qu'elle est : belle et triste à la fois.

Mon avis sur le film







Mon avis :
Je ne sais pas trop comment vous parler de ce livre. Il a un peu déçue mes attentes, mais j'ai aimé ce que j'y ai découvert.

 Ma déception vient du fait qu'au début, le personnage principal ne me semblait pas si triste que je l'imaginais être, j'ai eu du mal à vraiment être touchée. Quand après quelques chapitres l'héroïne nous parle de shopping entre copines avec enthousiasme, j'ai eu peur de l'avancement de l'histoire.
Et finalement, au fil des pages, on se rend compte qu'aller mieux, ce n'est pas un chemin du sentiment de mal être vers celui de bonheur, c'est un constant changement entre le bonheur et la déprime. Si l'héroïne semble s'en remettre un peu trop vite au début, on comprend ensuite qu'elle va mal, mais qu'elle essaie de s'en sortir avec l'aide de ses amis, sa famille, et surtout de son mari. On suit l'héroïne entre ses bons et mauvais moments, son impression que son monde s'est arrêté alors qu'il continue pour les autres, ses questions sur son avenir, son sentiment d'injustice, mais aussi sa peur de ce qu'en penseront les autres, la peur d'être considéré comme une mauvaise épouse si elle essaie de refaire sa vie. On suit véritablement la vie d'une femme en deuil qui essaie de se reconstruire, et qui nous touche.
Je ne m'attendais pas à une tel fin en début de livre, je ne m'en suis doutée que deux ou trois chapitres avant. Mais c'est la fin que j'attendais, celle qui va le mieux à l'histoire.

Les personnages présentés sont intéressants, ils sont certes assez en retrait car le livre se concentre essentiellement sur les sentiments de Holly, mais ils ne sont pas juste là pour faire avancer l'histoire, ils ont une vie et une personnalité propre. J'ai beaucoup apprécié la meilleure amie Sharon, le frère Richard et Gerry. Même si ce dernier n'est plus présent à proprement parler, il est là, il vit à travers Holy et ses lettres, et les quelques flashback où il apparaît renforcent sa présence, et le fait qu'il ai existé (car le livre commence après sa mort). J'ai cependant eu du mal avec Daniel, que l'héroïne apprécie beaucoup mais qui n'a pas du tout accrochée avec moi.


En bref, PS : I love you est un livre pleins de sentiments, qui nous raconte une histoire réaliste d'une femme qui essaie de se reconstruire après la disparition de l'homme qu'elle aime et à travers lequel elle vivait. Et je compte voir le film, parce que sur écran, ça peut être encore plus émouvant que ce livre, qui m'a beaucoup plus au final.


8/10
Baby challenge Drame 2/20