samedi 12 janvier 2013

1Q84 T.1 : Avril-Juin - Murakami Haruki



550 pages

Résumé :
Entre l'an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret, les existences de Tengo et d'Aomamé sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères... Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d'amour, composant l'oeuvre la plus ambitieuse de Murakami.











Mon avis :
Je suis contente du petit résumé de la version de poche, car le résumé du livre broché dévoile presque tout ce que l'on apprend dans ce tome.

Le plus important dans ce premier tome, ce sont les personnages principaux. Aomamé d'un côté, femme solitaire qui essaie de se convaincre que sa solitude lui convient et Tengo de l'autre, personnage assez passible qui se laisse traîner par son éditeur et son amante sans beaucoup de volonté. Des personnages vont entrer au fur et à mesure dans leur vie et celle-ci va être chamboulée.
Ces personnages principaux sont des gens assez banals dans leur façon de penser et leur relation aux autres. J'ai retrouvé en eux ces gens étranges qui sont au final juste des gens banals que j'ai connu dans Lignes de Murakami Ryu et Parade de Shuichi Yoshida. Et comme dans ces livres, ces gens banals avec leurs problèmes sont rendus intrigants, intéressants à suivre par la magie de l'écriture de l'auteur, où un je-ne-sais-quoi.
On en apprend beaucoup sur eux, sur leur vie et façon de penser, leurs interrogations présentes, mais aussi sur leur passé, et leur lien.
Le plus intéressant, ce sont les personnages qui entourent nos deux protagonistes. Ce qui est bien, c'est qu'on peut aisément se mettre à leur place et ainsi voir tous ces personnages graviter autour de nous. De la vieille femme à Ayumi, de Komatsu à la jeune Fukaéri, l'intérêt du livre tient de tous ces personnages, car ce sont eux qui font avancer l'histoire.

En parlant de l'histoire, celle-ci avance peu. Ce tome sert principalement de présentation des personnages et de positionnement des bases de l'histoire fantastique qui va suivre. On entrevoit assez peu l'aspect fantastique pour l'instant, mais on comprend bien vers où l'histoire va aller et comment les personnages principaux se rejoignent peu à peu. Mais il y a cependant des longueurs, et malgré tous les détails fournis sur les personnages et le début d'aventure qui s'installe, on se retrouve sur sa faim en refermant le livre.

Ce qui fait que j'ai tant envie de continuer malgré le peu d'avancer de l'histoire, c'est la manière d'écrire de l'auteur. C'est poétique, l'écriture est fluide, et même si l'histoire traine, on enchaine les pages facilement. Il rend ses personnages extrêmement vivants, et même la jeune Fukaéri, qui parle peu et d'une intonation totalement neutre, juste par la façon dont elle est décrite, est un personnage très touchant et intéressant.


En bref, 1Q84 est un livre qui se lit facilement grâce à la plume de l'auteur et qui promet une bonne suite, mais l'histoire traine un peu et les détails sur les personnages ne suffisent pas à combler ce manque d'avancement. Si vous comptez vous le procurer, prenez les deux tomes, voir la trilogie d'un coup pour ne pas rester sur votre faim !


Citations :
"En somme, pour le dire à rebours, la fin du monde imminente serait ressentie comme un grand coup de pied dans les testicules, c'est bien ça ?" 1Q84, livre 1, p.237

"Mais quand on aime quelqu'un du fond du cœur, et même si c'est un horrible personnage, et même si de son côté il ne t'aime pas, au moins la vie n'est pas un enfer. Même si elle n'est pourtant pas gaie." 1Q84, livre 1, p.350

6.5/10

vendredi 4 janvier 2013

Les Aventures de Cadel Piggott T.1 : Evil Genius - Catherine Jinks



576 pages

Résumé :
Adopté à sa naissance, Cadell Piggott montre dès son plus jeune âge des talents de hacker impressionnants. Il épuise petit à petit tous les adultes chargés de son éducation, piratant leur carte bleue, s'infiltrant dans le système informatique de son école pour mettre le chaos dans les notes... Les Piggott confient alors Cadel à un psychologue réputé, Taddeus Roth, président du mystérieux Institut Axis. Bientôt Cadel y suit des cours de Mal pur, de Contrefaçon, de Manipulation ou encore d'Explosifs !










Mon avis :
/Tout d'abord, j'aimerais faire part d'un petit mécontentement : ça m'énerve VRAIMENT quand un livre fait partie d'une saga et qu'il n'y a aucune indication sur le livre !  Et encore, j'ai de la chance d'être tombé sur le premier tome, j'aurais pu acheter les tomes 2 ou 3 sans le savoir, et j'aurais été bien embêté pour lire ! Surtout que je cherchais un livre sans suite, pour ne pas encore offrir une saga à un ami : et bien c'est raté !
Enfin, ça ira pour cette fois, car la fin de ce premier tome suffit comme fin d'histoire, la suite pouvant être facultative./


Passons à mon avis sur l'histoire : Elle est plus qu'improbable, tout comme ses personnages. Mais elle est tout de même intéressante.
Le début est une succession très rapide des années du jeune Cadell Piggott, et le point de vue est assez détaché. J'ai bien aimé cette façon de procéder. Ça ne traine pas en longueur, l'action se poursuit, et même si il ne se passe pas grand-chose, on est curieux de suivre le parcours du jeune génie.
Mais dès l'entrée de Cadell à l'institut Axis (page 110~), l'action stagne sur sa 13ème année, et le point de vue est très proche du sien. C'est aussi le début de la vraie aventure. Cependant, j'ai trouvé que l'histoire avait tendance à s'alourdir. Les découvertes s'enchainent, peut-être y en a-t-il un peu trop, et ce ne sont pas de grandes surprises. Je me suis même demandée parfois comment Cadell, supposé être un génie, faisait pour mettre autant de temps à comprendre certaines choses, alors qu'il comprend d'instinct des choses qui sont hors de portée de la compréhension du lecteur, du moins pas instinctivement. Mais on se demande tout de même comment cela va finir, et on arrive à la fin du livre avec un dénouement assez rapide et un peu décevant.

Les personnages quant à eux sont assez peu attachants. Cadell est quelqu'un de solitaire, c'est pourquoi il s'attache à peu de monde, et donc peu de personnages sont assez développés pour attirer notre intérêt. Le sort de ses camarades de classe m'a importé peu par exemple. Cadell quant à lui est un sale gosse qui a été mal élevé et qui se croit supérieur à la plupart des gens grâce à son génie intellectuel. Même si à force, j'ai eu de la pitié pour lui, il m'a globalement agacé.


En définitive, malgré le déroulement de l'histoire qui se révèle assez basique et le héros qui m'a plus agacé qu'autre chose, j'ai aimé suivre cette histoire, surtout pour savoir le pourquoi de tel événement et dans l'espoir de voir ce jeune garçon imbu de lui-même se prendre une bonne leçon pour comprendre qu'il y a toujours quelqu'un de plus fort que nous.

7/10

mardi 15 juin 2010

Le Magasin des Suicides - Jean Teulé



157 pages

Résumé :
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre...












Mon avis :

J'ai lu ce livre à l'hôpital (autant s'imprégner du sujet à fond...) et il m'a parfaitement distraite (assez pour que je le lise vite de peur que les infirmières viennent me chercher avant que je le finisse).
C'est un livre court, fait de chapitres eux aussi assez courts, ce qui permet un lecture légère. Le thème est original, et les amateurs d'humour noir seront ravis ! Cependant, le personnage incarnant la joie de vivre m'a énervé, je ne me suis pas attachée à lui, pestant contre lui quand il empêchait les clients de se suicider. Je ne sais pas, peut-être que je n'ai pas apprécié la façon de l'auteur de nous plonger dans un univers sombre et de nous en faire sortir juste après. J'ai été déçu par la fin heureuse de l'histoire. Peut-être devrais-je le relire dans une période plus joyeuse.
Un livre divertissant tout de même !
7/10

dimanche 13 juin 2010

Alice au pays des merveilles suivi de La Traversée du miroir et ce qu'Alice y trouva - Lewis Carroll


320 pages

Résumés :

Alice au Pays des merveilles
Tandis qu’elle s’ennuie sur la berge d’un fleuve, Alice voit tout à coup passer un lapin blanc, ce qui n’a rien d’exceptionnel, mais, chose plus surprenante, elle le voit également tirer une montre de la poche de son gilet. Intriguée, la voilà qui se lance à sa poursuite. Le lapin disparaît dans un grand terrier : elle décide d’y descendre à son tour.
La traversée du Miroir
C'est une grande, énorme partie d'échec qui se joue - tout autour du monde - si c'est bien le monde, ici, vous savez. Oh, comme c'est drôle ! Comme je voudrais bien n'être qu'un Pion, car l'important, c'est de participer, bon, mais bien sûr, j'aimerais encore mieux être reine. Ses désirs exaucés par la Reine rouge, voilà Alice lancée dans une partie des plus surprenants. La petite fille avance, déplacée pour une raison ou pour une autre, dans un monde peuplé de personnages aussi étranges que cet oeuf perché sur son mur. Perdue au milieu de tous ces non-sens , Alice continue de voir le côté positif de la chose , avec à l'esprit cette éternelle interrogation : est-ce elle qui rêve ou fait-elle partie du rêve de ce Roi rouge, pelotonné dans l'herbe humide ?



Mon avis :
Alice ! J'en ai toujours entendu parler, et pourtant je ne me suis jamais plongée dans cet univers. C'est donc après avoir vu le film de Tim Burton que j'ai décidé de lire le récit de Lewis Carroll. Et je dois dire que le film et le récit n'ont pas grand-chose en commun. Mais j'apprécie les deux, même si j'ai une préférence pour le film, moins enfantin.
Les aventures d'Alice sont vraiment légères. Pourtant, il faut s'accrocher pour bien suivre, car la logique n'existe plus. Alice va entrer insouciamment dans un monde où ni elle ni le lecteur ne comprendront le fonctionnement -s'il y en a un- et la petite fille va poser beaucoup de questions qui resteront souvent sans réponse. C'est d'ailleurs un point qui m'a beaucoup agacé, Alice pose énormément de questions et interrompt sans arrêt les habitants du pays des merveilles, je l'ai trouvé assez énervante comme petite fille. En revanche, les autres personnages sont tous intéressants, et garde leur part de mystère tout au long du récit, et même une fois le livre fermé. J'ai réussi à m'imprégner dans l'univers de l'auteur et j'ai pas mal rit lors de cette lecture. Le retour à la réalité créer une coupure brutal dans l'histoire, et convient bien pour une fin de récit.
En revanche, j'ai beaucoup moins apprécié La traversée du Miroir. Je ne saurais dire pourquoi, mais je n'ai pas été transporté dans l'univers du monde du Miroir et les personnages ne m'intéressaient pas vraiment. La fin reprend le même procédé que le précédent récit, Alice revient à la réalité lors d'un joyeux bordel dans le monde du Miroir.
J'ai été plutôt déçue, les récits n'étaient pas vraiment à la hauteur de mes espérances, même si j'ai appréciai et que je relirai sans doute Alice au Pays des merveilles.
7/10

samedi 5 juin 2010

La part de l'autre - Eric-Emmanuel Schmitt




503 pages 

Résumé :
8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..."











Mon avis :
J'ai adoré. J'ai vraiment adoré ! Je me suis complétement laissée entraîner par la plume de l'auteur, par son histoire. La lecture est particulière, puisqu'elle nous entraine dans deux univers proches au début, qui s'éloignent de plus en plus par la suite, pour finir avec deux histoires qui n'ont plus rien en commun, deux hommes totalement opposés.
Le personnage que créé l'auteur prend une existence à part entière, on le déteste tout autant qu'Hitler au début, mais contrairement à ce dernier, il va se rendre compte qu'il a des problèmes, il va se soigner, il va devenir quelqu'un que l'on peut qualifier de bien. On se retrouve a compatir à ses malheurs, à l'apprécier, lui ainsi que son entourage. J'ai pour ma part beaucoup aimé Onze-heure-trente. Mais c'est pourtant l'histoire du vrai Hilter qui passionne le plus dans ce livre. En effet, on comprend comment Hitler a pu devenir ce qu'il est devenu, comment il a pu être cruel sans même s'en rendre compte. On s'effraie même parfois à s'identifier à lui. J'ai été particulièrement étonné de voir avec quelle rapidité il prend la décision de la solution finale, comme un acte tout à fait normal, ainsi que les événements comme les pogroms ou la nuit des longs couteaux qu'Hitler évoque tous juste dans une phrase.
La partie la plus intéressante de l'œuvre est sans doute la biographie d'Hitler, loin de l'aspect de nos cours d'histoire. Mais la partie d'Adolf H. est une histoire qui a son intérêt, si on la rattache à Hitler.
Ce livre est un sacré coup de cœur, comme l'avait était La mort est mon métier, d'une part par son sujet, mais aussi par la façon dont Eric-Emmanuel Schmitt l'a traité.
9.5/10