dimanche 2 juillet 2017

La femme nue - Elena Stancanelli



 La vie d’Anna vole en éclats quand Davide la quitte.  Incapable d’accepter la séparation, elle pirate son compte  Facebook, suit ses moindres mouvements à l’aide de son  portable, et scrute de façon obsessionnelle ses échanges avec  sa nouvelle conquête. Très vite, Anna ne dort plus et maigrit  de façon alarmante. Prise au piège dans ce vertige virtuel  de suppositions et de fantasmes, elle décide d’élaborer un  scénario implacable pour humilier sa rivale…
216 pages - Contemporain - 2017



Mes impressions :

Sous la forme d'un récit court mais non dénué de force, Elena Stancanelli nous entraîne avec La femme nue dans la vie d'une femme détruite, prise dans un tourbillon de jalousie, de haine et de technologie.


Le jour où Anna, par hasard, surprend les infidélités de son mari Davide, son quotidien éclate. Cette femme ordinaire plonge alors dans un désespoir qui la mène à des actions insensées et la détruit peu à peu. On suit les états successifs à cette rupture, de la haine de l'autre à la libération, en passant par le refus ou la perte de confiance en soi, le tout accompagné d'une obsession et d'une violence qui ne quitte jamais le personnage. 
Anna pense, repense, ressasse son vécu et sa rupture, sans parvenir à se libérer de son histoire avec Davide. Elle tombe dans l'excès, tant émotionnel que physique, car le corps est fortement lié à l'état d'esprit d'Anna. Ses périodes de manies ou de dépressions sont accompagnées d'envie, d'excitation, et d'une anorexie qui dégrade son corps en même temps que son esprit.

J'ai trouvé le personnage d'Anna terriblement vraie. Elle s'apitoie, elle est agaçante, excessive à en faire peur et totalement à côté de la plaque, ce qui peut la rendre détestable. Son obsession est au centre de tout, et nous révèle les instincts et désirs les plus malsains de l'être humain.
Anna n'est pas un personnage parfait, ni même "bon", mais elle est prête à tout pour s'en sortir, même si elle ne sait pas comment s'y prendre et qu'elle s'enfonce inexorablement. 
Une histoire banale, mais qui détruit tout quand elle vous arrive, à vous.

Un autre grand thème de ce roman est la technologie qui nous entoure aujourd'hui, et qui nous permet des dérives encore plus folles. Scruter les moindres faits et gestes de l'autre, ses nouvelles habitudes ou relations, le voir se reconstruire sans nous. S'insulter anonymement ou narguer l'autre par écrans interposés. Avoir des relations rapides, du sexe à outrance sans sentiments, dans la solitude la plus totale. Toutes ces choses qui, dans le contexte d'une rupture, nous isole et nous fait sombrer d'avantage, en nous rappelant sans cesse l’existence de l'autre et notre solitude nouvelle.



La femme nue est un roman réussi qui évoque la rupture sans détour, sans poésie et autres fioritures, dans ce que le désespoir à de plus brut et laid.





Merci aux éditions Stock et à Netgalley pour m'avoir permis de découvrir La femme nue !

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