mardi 29 août 2017

Le jeu du chat et de la souris - A Yi



« J’étais l’ange de la mort, j’avais un pouvoir illimité, je pouvais décider de la vie et de la mort de ces passants, et eux, eux qui pensaient que le monde suivait son cours, ne comprendraient pas cette chose absurde et désespérante qui leur arriverait. »


Par une journée ordinaire, dans une petite ville de la Chine provinciale, un adolescent tue de trente-sept coups de couteau sa camarade de classe. Il a méticuleusement préparé son geste, planifié sa fuite, organisé sa défense. Mais pour quelle raison ? Dans ce premier roman magistral, A Yi s’empare d’un fait divers glaçant pour révéler les fêlures d’une société chinoise en pleine mutation.


240 pages - Contemporain/Thriller - 2017





Mes impressions :

L'humain, broyé par la pression sociale. L’exigence d'une vie, de désirs normalisés. La solitude. L'ennui. Et la violence.


On débute dans une école militaire, dans les pensées d'un jeune étudiant. La vie qui défile, sans but. Sa vie dans un appartement avec sa tante. Une personne sans nom, sans signe distinctif, qui observe ce qui l'entoure. La société. Ses camarades. Sa famille. Sa tante.

Peu à peu, on découvre toute une panoplie de sentiments à ce personnage qui nous a parut d'abord si plat. L'ennui d'abord, d'un personnage perdu, sans repère, dans une société dans laquelle il ne trouve pas sa place. Le cynisme ensuite, se moquant de la vie des autres, qui se sont si bien conformé au moule et pense que leur vie est comme elle doit être, qu'il ne s'y passera rien d'absurde. Ceux qui pensent que tout a un sens, que l'on peut tout expliquer, les psychologues et psychiatres

Puis on entre dans cet appartement où il vit avec sa tante. C'est un lieu chargé de violence, de haine, de désarroi, à l'atmosphère lourd, dans lequel notre narrateur vie tous les jours. On apprend sa haine contre cette tante, cette femme de la capitale médisante envers le gens de la campagne, d'où vient le narrateur, plongé dans ses travers et sa vie bien rangée, celle qui incarne à la fois cette société qu'il méprise et les rancœurs familiales.

Tout explose alors. Notre narrateur cherche à donner du relief à son existence, et pour cela il planifie le meurtre d'une de ses camarades suivit d'une cavale. Il espère bien bousculer la vie de tout le monde, y comprit la sienne. 

On va suivre le narrateur face à son acte, détaché et sans aucune empathie, sa réjouissance et sa désillusion, qui refuse qu'on explique son geste : il n'a aucun sens.


Le jeu du chat et de la souris nous met face au pire résultat d'une société oppressive et d'un environnement familial accablant, dans la tête d'un personnage rendu capable des pires horreurs par un monde dans laquelle il ne trouve pas sa place, et dont il a l'impression qu'il est extérieur à lui. Oppressant et frappant.





Merci aux éditions Stock et à Netgalley pour m'avoir permis de découvrir Le jeu du chat et de la souris.

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