mercredi 7 août 2013

Amok suivi de Lettre d'une inconnue - Stefan Sweig


223 pages

Résumé :
La passion en ce qu'elle a d'irrésistible et de semblable à la folie : c'est le thème central de ces trois récits publiés en 1922 par le grand écrivain autrichien, auteur du Joueur d'échecs et de La Confusion des sentiments. L'amok, en Malaisie, est celui qui, pris de frénésie sanguinaire, court devant lui, détruisant hommes et choses, sans qu'on puisse rien faire pour le sauver. Le narrateur rencontre sur un paquebot un malheureux en proie à cette forme mystérieuse de démence. Histoire encore d'une folie, d'une passion - d'un amour fou, cette fois - que la Lettre d'une inconnue reçue par un romancier à succès. Mais la passion peut faire de l'homme dominateur et méprisant un être humilié et ridiculisé : c'est le thème du troisième de ces récits, La Ruelle au clair de lune.









Mon avis :
Ce livre est un recueil de trois nouvelles : Amok, Lettre d'une inconnue et La ruelle au clair de lune. J'avais très envie de livre Lettre d'une inconnue et j'avais lu des avis positifs sur Amok, je me suis donc lancée dans cette courte lecture. Et si la nouvelle que je voulais lire m'a plu, les deux autres en revanche ne m'ont pas vraiment séduite.


Ce qui caractérise les nouvelles de Zweig, du moins pour les 4 que j'ai lu, c'est cette façon d'implanter un vague décor dans lequel le narrateur, dont on ne sait rien ou presque, va se retrouver seul face à la confession d'un inconnu. Cette façon d'amener l'histoire ne me plaisait déjà pas vraiment dans Vingt-quatre heure de la vie d'une femme, et ici elle ne me plait pas d'avantage. Et malheureusement, cette façon d'amener l'histoire toujours de la même façon dans chacune de ses nouvelles renforce le sentiment de similitude que j'ai ressentis entre les trois histoires de ce recueil, et plus particulièrement entre Amok et La ruelle au clair de lune.

En effet, si la forme diffère un peu, le fond de l'histoire est le même : le narrateur se retrouve confronté à la confession d'un homme, qui a connu la passion amoureuse. Il est d'abord arrogant, puis perd la femme qu'il aime et la poursuit, tel un fou, jusqu'à sa rencontre avec le narrateur, et sa disparition. Ayant lu les deux histoires l'une après l'autre, je n'ai pas vraiment apprécié la seconde.
La ruelle au clair de lune
, en plus d'être une copie d'Amok, ne m'a pas intéressée. En effet, elle ne s'étend que sur 25 pages, et la moitié ne raconte que comment le narrateur va rencontrer celui qui lui racontera son histoire. Un déambulement dans les ruelles sombres un soir de fatigue et d'ivresse, rien d'intéressant. On ne connait pas mieux le narrateur. Et si cela nous en apprend plus sur celui qu'il rencontrera, une telle longueur n'était pas nécessaire. Ensuite, j'ai trouvé la seconde partie assez plate. Je n'ai pas vraiment ressentie d'émotion dans le récit, contrairement aux autres nouvelles.

Amok, quant à elle, m'a un peu plus intéressé, mais malheureusement, l'homme qui raconte son histoire ne m'a pas vraiment touché. Surement car je n'ai ressenti que son arrogance et son envie de possession jusqu'à la fin. Néanmoins, la place qu'il occupe par rapport à la femme qui lui fera connaître la passion est intéressante. J'ai quand même aimé ressentir ces émotions, même si je les ai beaucoup moins ressentis que dans Vingt-quatre heure de la vie d'une femme ou Lettre d'une inconnue.

La nouvelle que j'avais le plus envie de lire, et que j'ai la plus apprécié est Lettre d'une inconnue.
Si elle m'a plus plu, c'est déjà par la différence entre cette histoire et les deux autres. Alors certes, ça parle aussi de passion, une passion qui rend fou. Mais ici, c'est la passion d'une femme qui a gardé pour elle ses sentiments et qui se dévoile à l'homme qu'elle a tant aimé en dernière confession avant de partir. J'ai trouvé le principe de la lettre d'une inconnue qui nous a tant aimé touchant, et la lettre en elle-même l'est tout autant. On ressent ce que cette enfant, puis femme a vécu. J'ai été à la fois effrayé et impressionné par une passion si forte que cette femme a gardé aussi forte toute sa vie, sans retour, sans tomber dans la haine ou la folie pure. C'est vraiment une belle histoire, même si elle est triste. Si j'avais un reproche à faire, se serait sans doute le fait que parfois, c'est un peu redondant. Mais c'est l'histoire d'une femme sans prétention, sans grande aventure, une vie presque normale, donc ceci est normal et n'enlève rien au charme de la nouvelle.


Après la jolie découverte de Vingt-quatre heure de la vie d'une femme, puis le plaisir de Lettre d'une inconnue, suivit de moins d'enthousiasme pour Amok et enfin de la déception pour La ruelle au clair de lune, je ne suis pas prête à me lancer dans une autre histoire de Zweig pour l'instant. En effet, une fois l'euphorie du premier récit passé, la forme identique des récits me lasse. Et même si les confessions racontent des histoires différentes, le thème de la passion très marqué rend les nouvelles au final assez semblable, et l'intérêt de la première s'estompe au fil des lectures. Peut-être ai-je tout simplement commencé par celle qui devait me plaire le plus et terminée par celle qui devait le moins me plaire par hasard, mais pour l'instant, je n'ai pas l'envie de lire plus de Zweig, à moins que la forme et le thème mis en avant change.

En bref :
+ Lettre d'une inconnue est touchante, on ressent bien les sentiments. Amok est intéressante, écriture fluide, histoires qui se lisent vite.
- La ruelle au clair de lune ressemble très fortement à Amok, le thème et la forme des nouvelles sont identiques, sentiments de redondance entre les différents récits.


Citations :
"Le lendemain soir, j'étais déjà revenue humblement à mon poste; je t'attendais, je t'attendais toujours, comme pendant toute ma destinée j'ai attendu devant ta vie qui m'était fermée." p.130 Lettre d'une inconnue
"C'est ainsi que je t'ai aimé; je peux le dire, à présent que tout est passé, que tout est fini. Et je crois que si tu m'appelais sur mon lit de mort, je trouverais encore la force de me lever et d'aller te rejoindre." p.152 Lettre d'une inconnue
6/10

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