jeudi 1 août 2013

Flatland - Edwin A. Abbott


125 pages

Résumé :
Les personnages de cette allégorie sont des figures géométriques : triangles isocèles, carrés, polygones, cercles... Dans leur monde plat, en deux dimensions, ces figures sont très hiérarchisées et ont des coutumes et des croyances bien ancrées. Aussi, quand un modeste carré doté d'une conscience découvre la troisième dimension lors de l'apparition soudaine et invraisemblable d'une sphère, on crie à l'hérésie.
Tout à la fois critique de la rigidité de la société victorienne et texte fondateur de la science-fiction, Flatland aborde la question troublante de la possibilité d'une quatrième dimension spatiale.










Mon avis :
Dès la couverture, qui fait mal aux yeux soit dit en passant, on sait que Flatland est une histoire qui sera scientifique et géométrique. Et en effet, on suit l'histoire d'un carré qui découvre la troisième dimension. Cela m'a tout de suite plu, malgré certaines idées peu appréciables un peu trop mises en avant.


On suit donc un carré sans nom, car les personnages n'ont pas de noms, seul leur forme indique leur rang social. Tout la première partie est une description faite par ce carré de son monde en deux dimensions, Flatland, tant sur l'aspect physique que moral, l'organisation du village et de la société, les mœurs, la politique, l'histoire, tout ce qui fait un pays. Tout est présenté sous forme d'exposé très carré. Le monde présenté est cohérent, et j'ai trouvé ça vraiment intéressant de découvrir une société dans un monde en deux dimensions. Ensuite viens la seconde partie, ou le narrateur fait la découverte de Lineland, monde en une dimension, qu'il voit en rêve. Puis arrive une sphère, qui annonce l'existence de Spaceland, le monde en trois dimensions. Le carré n'y croit pas jusqu'à qu'il y soit obligé, puis vient le moment où il essayera de convaincre les autres habitants de Flatland de l'existence de la troisième dimension. Là aussi, les explications sont, bien qu'avec plus de sentiments que lors de la première partie, claires et précises.
Toute cette allégorie du carré qui se trouve face à des gens qui ignore sa dimension et qui ne veulent pas y croire, et ensuite de lui-même qui découvre une autre dimension et qui ne veut pas y croire nous emmène a un constat : même si nous ne pouvons pas la voir ni la sentir, pourquoi une quatrième dimension n'existerait-elle pas ? Et il en est de même pour tout le reste : il existe des choses que l'on ne peut pas voir ni sentir et qui sont pourtant bien là. Ici, les érudits sont bornés à leur conception du monde et à ce qu'il voit. On le voit très bien par le fait que même après avoir découvert que des gens ne croyaient pas que la dimension dans laquelle ils vivent existe parce qu'ils ne la voyaient pas, le carré et aussi le cercle font exactement la même chose en refusant de croire à une dimension supérieur à la leur. Comme quoi même après avoir eu la preuve que quelque chose qu'on ne peut pas voir existe, on refait l'erreur de ne croire que ce que l'on voit. Ce livre est une vraie critique d'abord du refus des scientifiques d'une quatrième dimension au moment où il a écrit, mais aussi du monde scientifique où les plus intellectuels, persuadés de tout savoir, refuse ce qu'il n'arrive pas à concevoir.

Il y a cependant quelque chose qui m'a fortement agacé dans ce livre : la considération pour les plus mal placé dans la hiérarchie sociale et surtout, la forte misogynie de la société. Les femmes sont considérés comme inférieurs et idiotes parce qu'elles apportent plus d'importance aux sentiments, alors que les hommes n'en ont pas et ne jure que par l'intelligence. J'accepte le fait que, puisque Flatland est une société où les plus cultivé et insensible règne, les femmes étant sensibles ne soient pas bien vus : mais ici, c'est vraiment exagérée ! L'auteur nous rabâche souvent que les femmes sont bêtes, inutiles, hystériques et dangereuses. C'est agaçant de lire toute les 5 minutes que les femmes sont des sous-êtres, surtout quand on en est une soi-même.

L'écriture de l'auteur est très scientifique, l'histoire est comme un rapport que le carré fait après ce qu'il a vécu. Cela rend le texte assez clair, mais il faut toutefois un peu de concentration pour bien suivre. Les chapitres sont courts, ce qui permet de que la lecture ne soit pas trop lourde. Les noms des chapitres de la première partie sont un thème sur Flatland, comme "Du Climat et des Maisons de Flatland" ou "Comment nous nous reconnaissons les Uns le Autres". Pour la deuxième partie, les noms de chapitre sont des questions par rapport à ses nouvelles découvertes.

Dernier point, la préface et la postface sont intéressantes si l'on veut un peu plus sur les réactions qu'ont suscité le livre ainsi que des informations sur l'avancé de l'idée de la quatrième dimension dans le monde scientifique.


En bref :
+ des chapitres organisés et courts, la description de Flatland est intéressante et cohérente, les découvertes de différentes dimensions, la critique du monde scientifique, une lecture scientifique.
- l'aspect très misogyne, une lecture plus scientifique que littéraire.
7.5/10

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