mercredi 28 août 2013

Lawful Drug - CLAMP

 3 tomes
Résumé :
Un adolescent est retrouvé inconscient dans la neige par un homme austère qui va lui sauver la vie. Par reconnaissance, il reste avec lui et l'aide au quotidien. Rikuo et Kazahaya travaillent pour Kakeï qui tient une pharmacie le jour. Mais quand vient la nuit le deux jeunes hommes de 17 ans se voient attribuer des missions relevant toutes du domaine surnaturel.
Alors que Rikuo fuit son propre passé, Kazahaya s'acharne à chercher une mystérieuses personne...

Mon avis :
Lawful Drug est un manga du studio CLAMP, dont je suis très fan. Avant sa réédition il y a peu, les tomes étaient assez difficiles à trouver, à des prix astronomique. C'est donc devenu un MUST HAVE des CLAMP à avoir pour moi, alliant le mystère de ce duo inconnu à la rareté du manga, ainsi que les avis positifs que j'ai pu trouver. Finalement j'ai pu acquérir les trois tomes, et dans la première édition. Après avoir passé plusieurs mois sans oser y toucher, j'ai lu les trois tome d'une traite début juin, avant la Japan Expo, peu après la sortie de la suite tant attendu. Et si ma peur d'être déçue a finalement été rassuré, je dois bien avouer que je reste sur ma faim et que j'ai hâte de connaître la suite !

On suit donc l'histoire de Kazahaya, jeune homme sauvé par Rikuo, ainsi que ce dernier qui travaillent tous deux dans une pharmacie le jour pour Kakeï. Mais la vraie raison de leur présence est que Kazahaya a un certain pouvoir, qui lui permet de voir et d'avoir conscience d'évènements surnaturelle. Lui et Rikuo vont donc avoir des missions, principalement de récupération d'objets "magiques", pendant lesquelles ils vont se retrouver à aider d'autres personnes ou confronté à leur passé.
Ces petites histoires sont toutes agréables. Elles sont touchantes, autant par ce qui se passe que par le dessin, qui accentue la beauté féérique des choses et situations. Elles ont également leur côté comique, par des situations ou de gentilles disputes entre nos deux héros qui aiment se taquiner.
Malheureusement, les histoires qui constituent la trame de fond sont peu présentes. En effet, les mystères autour des héros, du gérant du magasin et de son acolyte Saiga sont évoqués, mais on en apprend peu. J'ai même trouvé ça un peu redondant ce côté personnages mystérieux, dont on apprend rien de tel sorte qu'à la fin des trois tomes on n'est pas beaucoup plus avancé qu'au premier. Mais j'ai bon espoir que ça avance un peu plus dans la suite.

On a d'un côté Kazahaya, petit blond torturé qui prend vite la mouche quand ont le taquine, mais qui est sensible et doux. De l'autre côté on a Rikuo, grand brun à l'air stoïque, calme mais taquin, aussi sensible et torturé, qui est le parfait protecteur pour notre petit blond.  Ces deux personnages ensemble sont les parfaits protagonistes pour un yaoi, et les auteurs ne se privent pas pour faire des allusions à une romance possible, comme tous les duos qui apparaissent dans leur autres œuvres. Malgré tout, j'ai trouvé ces personnages attachants, en particulier Rikuo.
Les personnages plus ou moins secondaires sont tout aussi attachants et intéressants, même si on les voit assez peu. Mention spéciale pour Saiga, qui me fait beaucoup rire à chaque fois qu'il apparaît.

Les dessins je vais vous en parler peu, parce que c'est ce que j'aime le plus chez les CLAMP. Toujours aussi magnifiques, même plus que les dernières séries sortie. Dans un manga de CLAMP, tout et tout le monde sont beaux. Je préfère d'ailleurs les anciennes couvertures aux nouvelles. J'aime moins le dessin plus arrondis de maintenant.

En bref :
+ Les deux héros, le gérant du magasin et Saiga, des histoires touchantes, un côté comique, des dessins magnifiques, une suite.
- Trop de mystère dont on ne sait toujours rien à la fin.
7/10

mercredi 7 août 2013

Amok suivi de Lettre d'une inconnue - Stefan Sweig


223 pages

Résumé :
La passion en ce qu'elle a d'irrésistible et de semblable à la folie : c'est le thème central de ces trois récits publiés en 1922 par le grand écrivain autrichien, auteur du Joueur d'échecs et de La Confusion des sentiments. L'amok, en Malaisie, est celui qui, pris de frénésie sanguinaire, court devant lui, détruisant hommes et choses, sans qu'on puisse rien faire pour le sauver. Le narrateur rencontre sur un paquebot un malheureux en proie à cette forme mystérieuse de démence. Histoire encore d'une folie, d'une passion - d'un amour fou, cette fois - que la Lettre d'une inconnue reçue par un romancier à succès. Mais la passion peut faire de l'homme dominateur et méprisant un être humilié et ridiculisé : c'est le thème du troisième de ces récits, La Ruelle au clair de lune.









Mon avis :
Ce livre est un recueil de trois nouvelles : Amok, Lettre d'une inconnue et La ruelle au clair de lune. J'avais très envie de livre Lettre d'une inconnue et j'avais lu des avis positifs sur Amok, je me suis donc lancée dans cette courte lecture. Et si la nouvelle que je voulais lire m'a plu, les deux autres en revanche ne m'ont pas vraiment séduite.


Ce qui caractérise les nouvelles de Zweig, du moins pour les 4 que j'ai lu, c'est cette façon d'implanter un vague décor dans lequel le narrateur, dont on ne sait rien ou presque, va se retrouver seul face à la confession d'un inconnu. Cette façon d'amener l'histoire ne me plaisait déjà pas vraiment dans Vingt-quatre heure de la vie d'une femme, et ici elle ne me plait pas d'avantage. Et malheureusement, cette façon d'amener l'histoire toujours de la même façon dans chacune de ses nouvelles renforce le sentiment de similitude que j'ai ressentis entre les trois histoires de ce recueil, et plus particulièrement entre Amok et La ruelle au clair de lune.

En effet, si la forme diffère un peu, le fond de l'histoire est le même : le narrateur se retrouve confronté à la confession d'un homme, qui a connu la passion amoureuse. Il est d'abord arrogant, puis perd la femme qu'il aime et la poursuit, tel un fou, jusqu'à sa rencontre avec le narrateur, et sa disparition. Ayant lu les deux histoires l'une après l'autre, je n'ai pas vraiment apprécié la seconde.
La ruelle au clair de lune
, en plus d'être une copie d'Amok, ne m'a pas intéressée. En effet, elle ne s'étend que sur 25 pages, et la moitié ne raconte que comment le narrateur va rencontrer celui qui lui racontera son histoire. Un déambulement dans les ruelles sombres un soir de fatigue et d'ivresse, rien d'intéressant. On ne connait pas mieux le narrateur. Et si cela nous en apprend plus sur celui qu'il rencontrera, une telle longueur n'était pas nécessaire. Ensuite, j'ai trouvé la seconde partie assez plate. Je n'ai pas vraiment ressentie d'émotion dans le récit, contrairement aux autres nouvelles.

Amok, quant à elle, m'a un peu plus intéressé, mais malheureusement, l'homme qui raconte son histoire ne m'a pas vraiment touché. Surement car je n'ai ressenti que son arrogance et son envie de possession jusqu'à la fin. Néanmoins, la place qu'il occupe par rapport à la femme qui lui fera connaître la passion est intéressante. J'ai quand même aimé ressentir ces émotions, même si je les ai beaucoup moins ressentis que dans Vingt-quatre heure de la vie d'une femme ou Lettre d'une inconnue.

La nouvelle que j'avais le plus envie de lire, et que j'ai la plus apprécié est Lettre d'une inconnue.
Si elle m'a plus plu, c'est déjà par la différence entre cette histoire et les deux autres. Alors certes, ça parle aussi de passion, une passion qui rend fou. Mais ici, c'est la passion d'une femme qui a gardé pour elle ses sentiments et qui se dévoile à l'homme qu'elle a tant aimé en dernière confession avant de partir. J'ai trouvé le principe de la lettre d'une inconnue qui nous a tant aimé touchant, et la lettre en elle-même l'est tout autant. On ressent ce que cette enfant, puis femme a vécu. J'ai été à la fois effrayé et impressionné par une passion si forte que cette femme a gardé aussi forte toute sa vie, sans retour, sans tomber dans la haine ou la folie pure. C'est vraiment une belle histoire, même si elle est triste. Si j'avais un reproche à faire, se serait sans doute le fait que parfois, c'est un peu redondant. Mais c'est l'histoire d'une femme sans prétention, sans grande aventure, une vie presque normale, donc ceci est normal et n'enlève rien au charme de la nouvelle.


Après la jolie découverte de Vingt-quatre heure de la vie d'une femme, puis le plaisir de Lettre d'une inconnue, suivit de moins d'enthousiasme pour Amok et enfin de la déception pour La ruelle au clair de lune, je ne suis pas prête à me lancer dans une autre histoire de Zweig pour l'instant. En effet, une fois l'euphorie du premier récit passé, la forme identique des récits me lasse. Et même si les confessions racontent des histoires différentes, le thème de la passion très marqué rend les nouvelles au final assez semblable, et l'intérêt de la première s'estompe au fil des lectures. Peut-être ai-je tout simplement commencé par celle qui devait me plaire le plus et terminée par celle qui devait le moins me plaire par hasard, mais pour l'instant, je n'ai pas l'envie de lire plus de Zweig, à moins que la forme et le thème mis en avant change.

En bref :
+ Lettre d'une inconnue est touchante, on ressent bien les sentiments. Amok est intéressante, écriture fluide, histoires qui se lisent vite.
- La ruelle au clair de lune ressemble très fortement à Amok, le thème et la forme des nouvelles sont identiques, sentiments de redondance entre les différents récits.


Citations :
"Le lendemain soir, j'étais déjà revenue humblement à mon poste; je t'attendais, je t'attendais toujours, comme pendant toute ma destinée j'ai attendu devant ta vie qui m'était fermée." p.130 Lettre d'une inconnue
"C'est ainsi que je t'ai aimé; je peux le dire, à présent que tout est passé, que tout est fini. Et je crois que si tu m'appelais sur mon lit de mort, je trouverais encore la force de me lever et d'aller te rejoindre." p.152 Lettre d'une inconnue
6/10

jeudi 1 août 2013

Flatland - Edwin A. Abbott


125 pages

Résumé :
Les personnages de cette allégorie sont des figures géométriques : triangles isocèles, carrés, polygones, cercles... Dans leur monde plat, en deux dimensions, ces figures sont très hiérarchisées et ont des coutumes et des croyances bien ancrées. Aussi, quand un modeste carré doté d'une conscience découvre la troisième dimension lors de l'apparition soudaine et invraisemblable d'une sphère, on crie à l'hérésie.
Tout à la fois critique de la rigidité de la société victorienne et texte fondateur de la science-fiction, Flatland aborde la question troublante de la possibilité d'une quatrième dimension spatiale.










Mon avis :
Dès la couverture, qui fait mal aux yeux soit dit en passant, on sait que Flatland est une histoire qui sera scientifique et géométrique. Et en effet, on suit l'histoire d'un carré qui découvre la troisième dimension. Cela m'a tout de suite plu, malgré certaines idées peu appréciables un peu trop mises en avant.


On suit donc un carré sans nom, car les personnages n'ont pas de noms, seul leur forme indique leur rang social. Tout la première partie est une description faite par ce carré de son monde en deux dimensions, Flatland, tant sur l'aspect physique que moral, l'organisation du village et de la société, les mœurs, la politique, l'histoire, tout ce qui fait un pays. Tout est présenté sous forme d'exposé très carré. Le monde présenté est cohérent, et j'ai trouvé ça vraiment intéressant de découvrir une société dans un monde en deux dimensions. Ensuite viens la seconde partie, ou le narrateur fait la découverte de Lineland, monde en une dimension, qu'il voit en rêve. Puis arrive une sphère, qui annonce l'existence de Spaceland, le monde en trois dimensions. Le carré n'y croit pas jusqu'à qu'il y soit obligé, puis vient le moment où il essayera de convaincre les autres habitants de Flatland de l'existence de la troisième dimension. Là aussi, les explications sont, bien qu'avec plus de sentiments que lors de la première partie, claires et précises.
Toute cette allégorie du carré qui se trouve face à des gens qui ignore sa dimension et qui ne veulent pas y croire, et ensuite de lui-même qui découvre une autre dimension et qui ne veut pas y croire nous emmène a un constat : même si nous ne pouvons pas la voir ni la sentir, pourquoi une quatrième dimension n'existerait-elle pas ? Et il en est de même pour tout le reste : il existe des choses que l'on ne peut pas voir ni sentir et qui sont pourtant bien là. Ici, les érudits sont bornés à leur conception du monde et à ce qu'il voit. On le voit très bien par le fait que même après avoir découvert que des gens ne croyaient pas que la dimension dans laquelle ils vivent existe parce qu'ils ne la voyaient pas, le carré et aussi le cercle font exactement la même chose en refusant de croire à une dimension supérieur à la leur. Comme quoi même après avoir eu la preuve que quelque chose qu'on ne peut pas voir existe, on refait l'erreur de ne croire que ce que l'on voit. Ce livre est une vraie critique d'abord du refus des scientifiques d'une quatrième dimension au moment où il a écrit, mais aussi du monde scientifique où les plus intellectuels, persuadés de tout savoir, refuse ce qu'il n'arrive pas à concevoir.

Il y a cependant quelque chose qui m'a fortement agacé dans ce livre : la considération pour les plus mal placé dans la hiérarchie sociale et surtout, la forte misogynie de la société. Les femmes sont considérés comme inférieurs et idiotes parce qu'elles apportent plus d'importance aux sentiments, alors que les hommes n'en ont pas et ne jure que par l'intelligence. J'accepte le fait que, puisque Flatland est une société où les plus cultivé et insensible règne, les femmes étant sensibles ne soient pas bien vus : mais ici, c'est vraiment exagérée ! L'auteur nous rabâche souvent que les femmes sont bêtes, inutiles, hystériques et dangereuses. C'est agaçant de lire toute les 5 minutes que les femmes sont des sous-êtres, surtout quand on en est une soi-même.

L'écriture de l'auteur est très scientifique, l'histoire est comme un rapport que le carré fait après ce qu'il a vécu. Cela rend le texte assez clair, mais il faut toutefois un peu de concentration pour bien suivre. Les chapitres sont courts, ce qui permet de que la lecture ne soit pas trop lourde. Les noms des chapitres de la première partie sont un thème sur Flatland, comme "Du Climat et des Maisons de Flatland" ou "Comment nous nous reconnaissons les Uns le Autres". Pour la deuxième partie, les noms de chapitre sont des questions par rapport à ses nouvelles découvertes.

Dernier point, la préface et la postface sont intéressantes si l'on veut un peu plus sur les réactions qu'ont suscité le livre ainsi que des informations sur l'avancé de l'idée de la quatrième dimension dans le monde scientifique.


En bref :
+ des chapitres organisés et courts, la description de Flatland est intéressante et cohérente, les découvertes de différentes dimensions, la critique du monde scientifique, une lecture scientifique.
- l'aspect très misogyne, une lecture plus scientifique que littéraire.
7.5/10

mercredi 31 juillet 2013

Autre-Monde T.1 : L'alliance des Trois - Maxime Chattam


456 pages

Résumé :
Personne ne l'a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l'obscurité et l'effroi.
D'étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment... Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente.
Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser.
Pour comprendre.
Pour survivre...
à cet Autre-Monde.








Mon avis :
Maxime Chattam est un auteur qui a fait parler de lui, et j'ai donc été intrigué. Le résumé apocalyptique et la couverture d'Autre-Monde m'ont séduite, et décidé à découvrir cet auteur, je me suis donc lancé dans l'aventure. Je n'ai maintenant plus qu'à me procurer la suite, ainsi que d'autres oeuvres de Maxime Chattam.

 J'ai adoré le début de l'histoire. Nous ne commençons pas dans un monde post-apocalyptique cette fois, mais avant. On suit Matt, Tobias et Newton quelques temps avant la Grande Tempête, bien que des signes inquiétant laissent supposer que quelque chose change dans le monde. Et très vite vient la catastrophe qui va les bouleverser. Matt assiste alors à un évènement incompréhensible, contre lequel il est impuissant, qui change le monde, sa vie tranquille. Ces éclairs bleus qu'il avait cru apercevoir faire disparaitre des sans-abris sont tout à coup devenu immense, plus terrifiants et plus impitoyables. On se projette facilement à la place de Matt, impuissant et impressionné, on ressent sa peur, on se demande pourquoi tout ceci arrive, que faire. L'auteur nous plonge vraiment face à la Grande Tempête, et face au monde qu'elle a laissé. L'aventure de Matt et Tobias est très inintéressante. Ils ne savent pas exactement quoi faire, comment est le reste du monde, où ils doivent aller, qui sont leurs ennemis. Ce sont des enfants perdus, abattu par le changement du monde qu'il connaissait, leur solitude face à ce monde. J'ai beaucoup aimé toute cette première partie.
En revanche, j'ai beaucoup moins aimé la seconde partie. C'est beaucoup plus scientifique, on en apprend beaucoup sur le nouveau monde, ses bases sont posé. Moins d'actions et moins de mouvement. Certes on avance, mais on perd le côté aventure des deux héros. Mais des objectifs sont définis, et la fin du roman annonce une suite avec beaucoup plus d'actions et d'aventure qui me plaît.

En ce qui concerne les personnages, je ne peux pas dire que je me suis beaucoup attaché à l'un en particulier mais aucun ne m'énerve non plus. J'ai apprécié suivre Matt et Tobias, et par la suite j'ai bien aimé les nouveaux personnages, même si certains me paraissaient louches.
En revanche, le trio qui se forme entre Matt, Tobias et Ambre me rappelle fortement un trio de célèbres jeunes sorciers. Entre Matt le courageux qui a quelque chose de spécial et Ambre la fille cultivée, la comparaison est facile. Mais malgré tout on arrive à les prendre comme des personnages à part entière, donc ce n'est pas des plus gênant.

En bref :
+ une première partie très intéressante, on se sent comme le héros face à la catastrophe, des personnages pas désagréable, une aventure que l'on aime suivre, une suite qui s'annonce plaisante.
- le trio de héros qui rappelle un autre trio très connu, peu d'aventure dans la seconde partie.


Citations :
"Quand un problème vous semble insoluble, alors prenez de la hauteur. Ne regardez plus ce qui est petit, regardez l'ensemble, passez du micro au macro.
 Car si vous n'avez pas trouvé la solution de l'intérieur, vous la trouverez de l'extérieur !
"

"C'est quoi la différence ? Ah, oui, ta peau est de la couleur de la terre, la sienne de celle du sable. C'est avec du sable et de la terre qu'on fait les continents, qu'on fait la Terre, non ? Alors vous êtes faits pour vous mélanger. Il ne peut en naître que de bonnes choses."


8/10

jeudi 25 juillet 2013

Coraline - Neil Gaiman


155 pages

Résumé :
La famille de Coraline vient d'emménager dans une vieille maison loin de tout, avec pour seuls voisins deux anciennes actrices à la gloire fanée et monsieur bizarre qui élève des rats. Délaissée par ses parents accaparés par leur travail, la jeune fille, au fil de ses explorations, ne tarde pas à découvrir une porte mystérieuse. De l'autre côté l'attend un monde fantastique où tout est étrangement semblable, mais en mieux...












Mon avis :
Courte lecture entre deux romans plus conséquents, j'ai adoré Coraline. Conte pour enfant effrayant, il rappelle Alice au pays des merveilles en plus structuré et plus sombre.

Quand on commence cette histoire, on entre déjà dans un monde étrange. Coraline est une jeune enfant curieuse comme beaucoup qui vit avec ses parents et des voisins âgés, perdus dans leur monde. L'ambiance est déjà posée, entre deux anciennes actrices, un vieux monsieur persuadé d'avoir des souris savantes, un grand jardin déserté et des parents souvent occupés. A travers les yeux d'une enfant, le tout n'en devient que plus étrange et sujet à l'aventure. Jusqu'au jour où la jeune Coraline plonge dans le fantastique et se retrouve confronté à un autre monde, encore plus fantastique et inquiétant. Coraline va alors vivre une vraie aventure, où elle connaîtra la peur dans un monde qu'elle voulait parfait, un rêve qui devient cauchemar.
On se laisse très vite emmener avec Coraline dans son monde, à sa place. En effet, Coraline n'est pas la narratrice mais c'est comme si l'on racontait ses pensées, l'histoire se passe du point de vue d'une enfant, et met le lecteur au même niveau. On redevient un enfant le temps d'une histoire.
L'histoire se présente comme un conte pour enfant, mais il a de quoi donner des cauchemars au plus jeunes, et au moins jeunes aussi... On ressent un certain malaise dans ce monde loufoque et inquiétant.
Le tout est bien réussi, l'auteur arrive à nous transporter dans son monde merveilleux qui nous fait revenir en enfance et nous effraie. Un conte qui rappelle les films de Tim Burton, fantastique, sombre, mais envoutant.

Le personnage principal, Coraline, est une jeune fille avec un fort caractère, qui aime l'aventure et surtout, qui se sent seule. L'histoire étant de son point de vue, on comprend très bien ce qu'elle ressent.
La panoplie de personnage qui nous est présenter est faible, pourtant ils remplissent largement l'espace. Les extravagances des voisins sont sujets à fascination et questionnement, les personnages du nouveau monde qui intriguent d'abord et se dévoilent peu à peu. Cependant, ceux qui prennent le plus de place malgré eux sont les parents de Coraline.
Les parents de l'héroïne sont peu présents, mais c'est justement par leur absence qu'ils touchent leur fille. Elle aimerait qu'ils soient là, qu'ils s'amusent avec elle. C'est ainsi que tout au long de son aventure, qu'elle va vivre à cause de son désir de les voir, on en apprend beaucoup sur ses parents.

L'univers accrocheur est mené par un style d'écriture simple et fluide, comme si l'on racontait les pensées d'une enfant. Cela nous plonge complétement dans l'histoire, au côté de Coraline.
J'ai très envie de lire L'étrange vie de Nobody Owens qui est dans ma PAL !

En bref :
+ Un univers à la fois envoûtant et inquiétant, on se sent comme un enfant, une écriture qui nous transporte, se lit d'une traite.
- eu... on en veut plus ?

Citation :
"Il ne se trouvait pas particulièrement courageux d'être resté là à se faire piquer, continua-t-elle d'expliquer au chat. Ce n'était pas courageux parce qu'il n'avait pas eu peur. Il savait qu'il n'y avait rien d'autre à faire, voilà tout. En revanche, retourner chercher ses lunettes en sachant qu'il y avait des guêpes, ça, ça faisait peur. Ça, c'était courageux." p.60
9/10