samedi 18 mai 2013

Sobibor - Jean Molla


189 pages

Résumé :
"Je l'ai fait pour qu'on m'arrête.", répond Emma après avoir volé des biscuits dans un supermarché. Que se cache-t-il derrière ses mots, sa maigreur extrême, sa beauté douloureuse ? Quelle est l'origine de son anorexie : l'indifférence de ses parents, le silence, les mensonges savamment entretenus? Emma veut savoir. Emma veut comprendre. La découverte d'un vieux cahier fera bientôt surgir du passé d'épouvantables secrets.












Mon avis :
On m'avait présenté Sobibor comme un livre choquant, du moins fort. Je dois reconnaître que c'est le cas, du moins pour ce qu'on apprend sur le passé de la famille.

Lorsqu'on ouvre ce roman, on découvre Emma, jeune fille mal dans sa peau, anorexique. S'en suit une succession d'évènements dans le même ton, dont je ne me souviens que peu... Jusqu'au jour où, après la mort de sa grand-mère, Emma trouve dans ses affaires un carnet... celui de Jacques Desroches. Jacques est un français, collaborateur qui sera envoyé pour travailler à Sobibor, camp d'extermination nazi. Le récit alterne entre le mal-être d'Emma et les passages du journal qu'elle lit. Et je dois avouer que juste avant les révélations de la fin, j'ai bien eu du mal à comprendre le rapport entre l'histoire d'Emma et le journal. Ça me semblait n'être que l'histoire banale du mal-être d'une jeune fille qui plonge dans l'anorexie... certes, c'est un sujet difficile, mais j'ai eu du mal à être touché par Emma... elle m'énervait plus qu'autre chose. Peut-être est-ce parce que son âge est proche du mien et que le fait qu'elle ne cherche pas à s'en sortir m'énervait ? En tout cas, j'ai surtout pensé que c'était une histoire prétexte à trouver le carnet et que son mal-être était là pour rendre le tout plus dramatique... Mais la fin fait des liens, et c'est intéressant.
L'histoire de Jacques Descroches quant à elle est bien la partie qui m'aura le plus interpellé. On y voit comment un homme, qui n'a rien d'un assassin peut devenir un monstre pour suivre son idéal sans même s'en rendre compte, en ne voulant pas voir ce qu'il fait réellement et par vanité d'être supérieur en accomplissant sa mission. La phrase qui m'aura le plus marqué est la deuxième citation de cet article : on ressent toute l'hypocrisie, à quel point les gens peuvent se mentir pour être fier d'atteindre leur objectif. Les chiffres donnés au cours du récit sont tellement affolant que je crois que je n'en ai même pas mesuré la grandeur. J'ai repensé à La mort est mon métier de Robert Merle, comment des hommes normaux, sans désir de tuer se retrouve à exterminer des milliers de personnes sans s'en rendre compte eux-mêmes.
La fin relie donc les deux histoires, Emma et le journal. Ce face à face est dramatique et libérateur. J'ai aimé la fin, même si on ne peut avoir un "happy end" en sortant de cette histoire.

Au final, ce livre touche, et apporte une approche simple sur ce thème que sont les collaborateurs du régime nazis sans avoir à se plonger dans un long livre d'histoire ou de témoignages de guerre. C'est un bon moyen de faire découvrir cette facette de l'histoire.

En bref :
+ Le journal, le choquant de l'histoire, les liens entre Emma et le journal, le face à face final, l'écriture fluide, facilité d'accès à une facette de l'histoire.
- L'histoire d'Emma, le personnage d'Emma.


Citations :
"Qu'est-ce qu'il me voulait, ce type ? Je ne suis pas intéressante. Je suis mal dans ma peau. Je suis moche. Je n'ai rien à donner J'ai tout foiré : Julien, le lycée. Ma mort." p.14

"Ce n'est pas tant la mort de cette femme qui m'a gêné que la "manière" de Wagner. Je ne puis souffrir ces comportements qui déshonorent un être civilisé. Les nazis se sont donné une mission, ils se doivent de la mener à bien avec décence." p.100

5/10

1 commentaire:

  1. Ce livre est vraiment une belle découverte pour moi : il est à la fois intelligent et touchant... Par contre, Emma ne m'a pas particulièrement plu.

    RépondreSupprimer