mardi 2 avril 2013

Je l'aimais - Anna Gavalda



155 pages

Résumé :
"On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. II y a les courageux et puis ceux qui s'accommodent. C'est tellement moins fatigant de s'accommoder... "
A-t-on le droit de tout quitter, femme et enfants, simplement parce que l'on se rend compte - un peu tard - que l'on s'est peut-être trompé ? Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort.
À sa manière : plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.






Mon avis :
Le résumé de ce petit livre m'avait tout de suite plu. J'ai malheureusement pu lire beaucoup d'avis négatifs à son sujet. Pourtant, en le trouvant à petit prix, j'ai tout de même voulu tenter le coup. Et si ce n'est pas vraiment un chef d'œuvre, j'ai plus apprécié ma lecture que les critiques ne le présageaient.

Il est vrai qu'en fermant ce roman, on en est à peu près au même point qu'au départ dans l'histoire. Ce n'est pas celle-ci qui compte, elle est largement un prétexte à la confession du père d'Adrien, tout comme dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme. Et malheureusement, cette confession ne s'étale que sur la seconde moitié du livre, laissant ainsi beaucoup de blabla inutile avant et peu de développement de celle-ci. J'aurais apprécié plus de dialogues et d'actions utiles, au lieu de tourner autour du pot pendant la moitié de l'histoire pour rien.
La confession en elle-même ne fait pas beaucoup d'éclat non plus. Elle m'a quand même touché. Pierre (le père d'Adrien) raconte son histoire d'amour, simplement, et comment elle l'a torturé et le touche toujours aujourd'hui. Ça place est peu enviable, il a le rôle de salaud et de lâche peu importe qu'il choisisse un côté ou l'autre. Il est difficile d'être la personne abandonnée, mais il est aussi difficile d'être la personne qui a envie de partir. Là où cette confession fait avancer l'histoire, c'est qu'elle fait comprendre à Chloé que rien n'aurait été heureux si Adrien c'était résigné à rester, qu'elle doit aller de l'avant et être heureuse à nouveau. Bien sûr, rien ne se passe et on ne sait rien de comment Chloé va se débrouiller ni pourquoi Adrien est parti, mais cette histoire et cette confession sont plus là en tant que réflexion que comme histoire dans laquelle se plonger. C'est peut-être là que les avis négatifs ont pris le dessus, parce qu'il ne faut pas prendre ce livre comme une histoire ayant un but, une avancée, mais plutôt comme un souvenir d'un amour, une réflexion sur l'amour, les responsabilités quand on a déjà construit une famille, le courage ou la lâcheté de tout garder ou tout détruire.
Ce petit roman m'aura posé deux situations, l'une en face de l'autre, et pendant ma lecture, j'ai ressenti la souffrance des deux côtés, comment on ne peut pas blâmer ni féliciter l'une ou l'autre. Cependant, ça ne me marquera pas énormément.

Je trouve très dommage que l'on ne s'attache pas du tout aux personnages qu'on n'a à peine le temps de découvrir, cela aurait donné plus de force au récit. Cependant, ce côté "n'importe qui" permet de rendre la situation universelle, et ainsi de se sentir concerné beaucoup plus facilement.
Le tout se lit facilement, c'est écrit gros, c'est découpé en très courts chapitres, et l'écriture est fluide, sans n'avoir rien de remarquable.


En bref :
+ Une petite réflexion qui nous touche, une écriture fluide, des personnages communs qui permettent de s'identifier facilement.
- Un première partie rempli de blabla inutile, peu de développement, une histoire prétexte pour la confession, on oubliera vite.


Citation :
"-Maintenant, j'aimerais bien m'arrêter de courir un peu parce que je trouve que la vie est belle avec vous. Je vous l'avais dit que j'essaierais de vivre sans vous... J'essaie, j'essaie, mais je ne suis pas très vaillante, je pense à vous tout le temps. Alors je vous le demande maintenant et pour la dernière fois peut-être, qu'avez-vous l'intention de faire avec moi ?
-Vous aimer." p.114


6.5/10

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